‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 8 sur 761 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

mercier, considéré la peine où je suis et ai été moolt longuement. Et vu votre réponse, quinze Jours <f>rè8 la date de ces présentei lettres, J'ai Intention, au plaisir de Dieu, de Notre-Dame, de monseigneur saint Michel et de monseigneur saint George , de m'en retourner à la cour de mon très redouté souverain et lige seigneur le roi d'Aragon : et si dedans ioeux quinze jours me voulez aucune chose récrire, TOUS me trouverez en l'hôtel monseigneur lo prévôt de Paris. Autre chose ne vous sais que récrire , fors que Je vous prie qu'il vous souvienne de moi , et de la peine où Je suis > et pour ajouter plus grand' fol et fermeté à ces présentes lettres ^ Je les ai signées de mon seing manuel, et ai scellées du scel de mes armés. Si les ai fait écrire doubles et parties par A, B, G ; desquelles lettres j'ai retenu l'une par devers moi. écrit à Paris , le dixième Jour de mai l'an 1403. »

Depuis lesquelles lettres , Perrin de Loheréne, sergent d'armes du roi d'Angleterre, soi disant être procureur en cette partie du dit chevalier anglois , envoya une lettre par manière de réponse au dit ëcuyer d'Aragon , dont la teneur s'ensuit :

« A très noble écuyer Michel d'Oris t Je vous •ignifie de par monseigneur Jean de Prendregrest, que si vous lui voulez présentement payer et restaurer en ses mains les coulages et dépens qu'il fit, pour vous délivrer des armes contenues en vos dites lettres, lesquelles il maintient que par votre défaut sont encore non faites , il vous en délivrera très volontiers ; et autrement sachez qu'il ne vous en délivrera en rien, ni aussi ne souSHra aucun chevalier ni écuyer de par deçà vous en délivrer, ni à ce donner réponse. Et pour ce, si vous lui voulez envoyer cinq cents marcs d'eslerlins pour les dépens dessus dits , lesquels il dit avoir tant coûté. Je tiens que n'attendrez pas longuement àêtre délivré des dites armes. Si vous conseille, ptr toie de gentillesse, que an cas que les dits dépens vous ne voudriez prestement envoyer par deçà, comme dit est, vous vous gardiez d'aacnne chose si légèrement parler de la chevalerie d'Angleterre, comme en disant que vous n'y avez trouvé nul chevalier qui vous ait envoyé son scellé, selon le contenu de vos dites lettres, comme vous louchez en votre dernière

écriture. Car, pour certain , s'il convient que plus avant en soit parlé , je vous fais bien à savoir de par monseigneur Jean de Prendregrest, chevalier, qu'il sera trouvé prêt à maintenir le contraire en défense de son honneur, que vous touchez en ce trop àprement, si comme il semble à nos seigneurs qui de ce savent la vérité ; car il en a fait ce que prud'homme et gentil doit faire. Et de ces choses m'envoyee la réponse et votre volonté par Chalon le héraut, porteur de ces présentes lettres : lesquelles, pour y ajouter plus grand' foi J'ai scellées et signées à Paris l'an 1404. »

Lesquelles lettres ainsi envoyées de l'une partie à l'autre , finalement quant au fait, rien n'en fut exécuté ni mis & eflét.

GHAPITRE m.

Commenl le* gnndi pudOM Airent t Rome.

En cet an, c'est à savoir l'an mil quatre cents, furent les grands pardons à Rome, auxquels allèrent, pour acquérir le salut de leurs âmes, infinies personnes de toutes les parties de chrétienté. Durant lequel temps régna très grande mortalité universelle , dont , entre les autres , moururent plusieurs légions de pèlerins allant au dit lieu du Rome.

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