‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 726 sur 761 · CHAPITRE CCUV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCUV

Comment les Anglois qui «e tenoicnt au cMtel de Folleville foisoieBl m«ull ée Maux en Amiénoii «l èi |>a}i d'enTiron, el ditenOrtnl aueuo* MigMun pio«rd« et Itura (me, qoi

les astaillircnl.

£o icekii temps, les Angloii qui le teDoient au chAlel <l« Folteville firent moult de maux au pays d'Amiéoois , de Corbie et de Santois , et aussi à la ville de Mont-Didier et es autres Ueax à l'environt Et ôtoient enTiron cent compagoons de guerre qui firent moult de grands maux ; et tellement contraignirent ioeux pays que la plus grand' partie des villes étoient tou* tes appaotisées à eux et rançonnées à certaine somme d'argent et de froment pour chacun mois ; dont le pauvre peuple étoit moult fort oppressé et travaillé. Et mémement allèrent UDJour courre la ville de Dours, sur la rivière de Somme. Si étoit dedans la forteresse d'icelle ville te seigneur d'ioelle, lequel, pourra qu'il n'étoit point asses puissant pour résister à rencontre des dits Anglois, monta b&tivement à cheval et s'en alla en la ville d'Amiens, pour avoir aide et secours.

Si trouva le seigneur de Stvense , eapitidne* d« la dite ville d'Amiens , et plusieurs autres gentilshommes et autres gens de guerre, lesquels , avec aucuns du commun , se mirent à voie , tant de cheval comme de pied , et poursuivirent ioeux Anglois, lesquels ils trouvèrent asseï prés du dit lieu de Folleville , où ils se retrahirent en moult belle ordonnance, me* ntfnt av«c eux grand' (bison de bagages qu'ils avoient conquis. Si fut ordonné que le sei'gnévr de Saveusè conduiroit ceux de pied, et le seigneur de Dours , dessus nommé , le seigneur de Gontay, le seigneur de Tilloy, Guichard de Fiennes el aucuns autres gentilshommes mèneroient ceux de cheval ; lesquels approchèrent et écrièrent ioeux Anglois pour les combattre tous ensemble de cheval et de pied. Laquelle ordonnance ne fut point bien tenue j car les dessus dits de cheval , qui étoient moult désirants d'assembler aveûque leurs adversaires, férirent dedans sans attendre iceux de pied ; dont il leur mésadvint très grandement : car les dessus dits Anglois , qui virent leurs adversaires eux approcher et qui étoient en plus grand nombre , les deux parts se mirent en bonne ordonnance, leart chevrax

derrière eux , afin qu'on ne les put envahir par derrière. Et se défendoient très vaillamment , et tant que grand' partie de leurs adversaires et ennemis y furent morts; entnft lesquels le furent : le seigneur de DonrS, 6uichard de Fiennes , Jean de Beau-Lieu et aucuns autres nc^les gentilshommes. Et des prisonniers f\it le principal messire Martel d'An-< ton , seigneur de Tilloie ; et les autres passèrent outre par force de bons chevaux qu'ils avoient : desquels les aucuns furent moult fort navrés et blessés , et les autres eurent leurs chevaux effondrés. Et le dit seigneur de Sa^ veuse , voyant la besogne être ainsi mal tournée, entretint au mieux qu'il put ceUt de pied, lesquels il avoit en son gouvernement; et avecque ceux de cheval qui étoient échappés de la besogne dessus dite les reconduit au dit lieu d'Amiens, moult triste et déplaisant de cette maie aventure. Et depuis, par traité avec iceux Anglois, furent les morts apportés tout dénués, pour enterrer chacun en leurs lieux. Si furent aucuns des amis et prochains dé cetix qui y «voient été morts , qui eA voulurent donner aucune charge ati dit seigneur de Saveuse, disant qu'il ne s'é'.oit point Avancé , comme il dût, pour aider et secourir ses gens quand besoin leur en étoit. A quoi, selon son pouvoir, s'en excusoit, diiant que bonnement ne se pouvoit plus fort hAter, pource qu'il aVoit en son gouvernement, comme est dit ci-dessus, les gens de pied, lesquels lui avoient été baillés A conduire par le consentement de tons les nobles lA étant présents.

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