‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 728 sur 761 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

possible de tenir ses dites places conlreie roi et sa puissance, attendu que déjà étoit assez averti que point n'aurott secours du dit duc de Bourgogne, se commença aucunement à dissimuler; 4»r avecque ce, les principaux qui étoient avecque hii lui conseillèrent qu'il trouTftt les moyens d'avoir traité et de demeurer paisible lui et ses seigneuries.

Lesquels moyens, tant par la comtesse sa mère, douagiére, qui par avant avoit été devers le roi et encore étoit à Laon , comme pai* autres ses bons amis, se commencèrent à Irai» 1er et ouvrir ; et finalement le dit comte de Saitat-Pol alla à Laon devers le roi , duquel et du dauphin il fiit reçu assez courtoisement, et aussi des autres seigneurs qui là étoient. Et certains brefs jours ensuivant, impétra et obtint envers le dit roi que ceux qui étoient devant la dite ville de Marie , et ses gens qui étoient dedans, ne fissent point de guerre l'un à l'autre jusqu'à certain jour, pendant lequel temps on traiteroit du surplus.

Par lesquels traités finablemement , après que sur ce le roi et son grand-conseil eut tenu plusieurs journées, et que le comte de Saint- Pol eut été oui sur ce qu'il vouloit dire et r»qoerre, fut ordonné qu'icelui comte de Saint- Pol demeureroit en la bonne grâce du roi, moyennant qu'il hii feroit hommage et serment de fidélité des terres et seigneuries qu'il tenoit en son royaiune,tant de par lui comme de par la comtesse de Marie et de Soissons, sa femme , aimi et par la manière que lui avoient fait et foisoienl journellement ses autres vassaux ; et avecque ce, qu'il feroit mettre sa dite ville de Marte en l'obéissance du roi et ses commis, et en vider ceux qui dedans étoient ; et outre plus , lui bailleroit certaines lettres signées et scellées de son soel, contenants certains points déclarés en icelle , dont la caçie sera ciaprès mise et écrite. Après lesquels traités faits et accordés par ioelles parties, on envoya tantôt de par le roi, au dit lieu de Marie, certains commis pour prendre r<d)éi8sance de la ville, comme dit est.

Lesquels commis portèrent un sauf-conduit du roi au dessus dit George de Croix, pour lui et pour ses gens, atout lesquels il se partit et alla à la Ferté-sur-Oise, par l'ordonnance du dit comte de Saint-PoL Et tel après entrèrent

iceux commis dedans la dessus dite ville de Marie, et firent ce qui leur étoit commandé et ordonné de par le roi, en prenant la dite obéissance selon le dessus dit traité. Mais bref ensuivant, la dite ville fut remise et rendue, par le consentement du roi et par son octroi, en la main du dit comte, comme devant avoit été. Et adonc se délogèrent de là toutes gens de guerre et se tirèrent plus avant es marches de Yermandois, de Uainaut et de Cambrésis ; et partout où ils alloienl, faisoient de grands oppressions au pauvre peuple. Le comte de Saint- Pol depuis qu'il eut son dit traité , commença à être très bien en la grâce du roi et de tous les autres grands seigneurs, et par spécial du dauphin; et lui promit de le servir dorénavant en toutes ses besognes et affaires contre les Ànglois, s'il lui plaisoit le mander ; et fut en la dite ville de Laon bonne espace de temps ; et avant son département bailla ses lettres, dont dessus est faite mention, contenant la forme et manière qui ci-aprës s'ensuit:

« Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol et de Ligny, de Conversan, de Braine et de Guise, seigneur d'Engbien et de Beau-Revoir , et châtelain de Lille, à tous ceux qui ces présentes lettres verront et orront, salut. Savoir faisons que j'ai promis et par ces présentes promets, par foi et serment de mon corps et sous l'obligation de tous mes biens, faire et faire faire pleine et entière obéissance au roi notre sire et à ses officiers, tant en justice comme aux faits et conservations des droits royaux de ses finances, aides, greniers, tailles, hauts passages et autres touchant son domaine ; et autrement, de faire cesser gardes et appactis mises sus, en ce qui est de ma puissance, depuis vingt ans en çà ; et avecque ce promets restituer au roi, et partout où il appartiendra, ce qu'il reste ; et restituer de l'artillerie du roi et marchandises prises par ceux de Ribemont, et ce qui reste de chevaux et chariots du roi pris par ceux de Marie. Et avecque ce , ai promis et promets de répondre en la cour de parlement à tout ce que le roi ou son procureur voudra maintenir, requerre ou demander touchant la succession de feu monseigneur le comte de Ligny, mon oncle, à qui Dieu pardonne! tant au regard des héritages' comme des biens meubles que tenoit et possédott mon

CHROMQLES D'ENGUEÉRiVND DE MONSTRELET.

dit feu oncle au jour de son trépas, pour tant que toucher m'en peut, et pour les comtés de Ligny et de Guise, comme pour autres terres et seigneuries venus à mon dit feu oncla ; et de tenir, obéir et accomplir, en tantqu'i moi est, tout ce qui par la dite cour me sera sur ce dit, jugé et prononcé.Pour quoi j'ai pris et accepté jour, et me suis tenu et tiens pour ajourné en la dite cour de parlement , pour répondre au procureur du roi, au quinzième jour de juillet prochain venant, pour y procéder ainsi qu'il appartiendra. Et généralement promets Taire envers le roi mon souverain seigneur toutoe que bon et loyal sujetdoit et est tenu de faire envers son roi naturel et souverain seigneur ; ni ne souffrirai ni tiendrai en nulles àe mes places gens pour faire guerre, mal ni dommage sur le pays et sujets du roi. Et avecque m , promets rendre et délivrer toutes les terres d'aulrui que j'ai en ma main à cause de la guerre ; et au regard de IVIontagu, faire mon plein pouvoir d'icelle rendre. Toutes lesquelles choses, je promets de tenir de point, ainsi que dessus est dit, sans enfreindre. En témoin de ce, j'ai signé ces présentes de ma main, et scellées du scel de mes armes , le vingtième jour d'avril l'an mil quatre cent quarante et un. •

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