‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 743 sur 761 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

duc d'AIençon. Semblablement du prisonnier qu'il demande lui sera administrée raison el justice.

» Item, ont parlé du fait de monseigneur de Bourbon , demandant que sa pension lui fût entretenue , laquelle n'est point excessive.

» Le roi a tellement fait continuer que rien ne lui en est dû ; et sur quatorze mille et quatre cents francs que monte sa dite pension sur cette présente année, le roi avoit ordonné lui être baillés neuf mille francs que ses gens ne vouloient accepter, à Bressuire, en janvier dei^ nier passé ; et s'émerveille le roi comment à présent il en fait mention.

» Item, ont parlé du fait de monseigneur de Vendôme, en suppliant au roi qu'il lui plût lui faire avoir les pensions et biens qu'il a eus par ci-devant , dont il est bien métier au dit seigneur, et n'a point besoin qu'elles lui soient cassées ; el aussi qu'il plaise au roi qu'il pût venir exercer son office de grand-mailre-d'b6tel, comme il avoit de coutume de faire.

» Le roi ne l'a point mis hors de son hôtel , lui-même s'en est mis hors ; el quand mon dit seigneur de Vendôme se gouvernera envers le roi ainsi qu'il doit, le roi fera ce qu'il appartiendra.

» Item, et au regard de monseigneur de Nevers, considéré la prochaineté de lignage dont il allient au roi, et que monseigneur son père mourut en son service , et les services que monseigneur de Nevers peut faire au roi , il lui plaise à faire ôter et cesser les empêchements à lui mis au grenier à sel d'Arcy-sur- Aube , et lui faire avoir les décharges , en la manière accoutumée , [pour le paiement de sa pension dessus dite.

» Le roi, en comlemplalion de mon dit seigneur de Nevers et en faveur de lui , nonobstant les grandes charges et affaires que le roi a à supporter pour le fait de sa guerre, est 1res bien content que mon dit seigneur de Nevers ail sa dessus dite pension , dont il prendra en paiement sa composition des Rétbelois pour autant qu'elle vaut. Et au surplus, le roi lui baillera de ses tailles et aides en faisant et donnant obéissance au roi ses lettres, mandements et officiers es (erres de mon dit seigneur de Nevers , autres que jusqu'à maintenant n'a été fait : el n'est point le roi content que mon

dit seigneur de Nevers souffre par toute la dite comté de Rèlhelois ses pays de Champagne el autres pays voisins être foulés, courus, mangés ni détruits , tant par ses gens comme par autres qui y passent, el se relrayenl en la dite comté de Rétbelois , et doit y pourvoir tellement que le roi ail cause d'en être content. Et au regard du dit grenier d'Arcy-sur-Aidie , le roi veut qu'on envoie en sa chambre des comptes savoir si mon dil seigneur de Nevers doit prendre et avoir le dit grenier d'Arcy ; et ce qui lui en sera certifié par la dite chambre, le roi y donnera provision.

» Item, ont parlé du fait de monseigneur le duc de Bourgogne, sans vouloir faire de présent aucune poursuite, ainsi et par la manière qu'il a proposé , c'est à savoir pour donner à. connoltre au roi que le traité de la paix entre le roi et lui n'est point encore accompli en plusieurs arlicles de la part du roi , el aussi qu'il y a très grand nombre d'articles où on attente directement, el encore fait-on de jour en jour contre le dil trahé de paix, au grand préjudice de mon dil seigneur de Bourgogne.

» Le roi a toujours désiré el voulu avoir paix, amour et bon accord avec mon dit seigneur de Bourgogne, et pour l'avoir n'y a rien épargné , et jusqu'à présent a toujours entretenu la dite paix el accord , et a volonté de l'ainsi faire sans rien interrompre. El pour le mieux fermer el entretenir, a le roi bien voulu le mariage de sa flUe aller avec son fils monseigneur de Charolois. El quant à ce qui reste & accomplir du traité de la paix d'Arras, fait entre le roi et taon dit seigneur de Bourgogne, mon dit seigneur a vu les grands affaires que le roi jusqu'à présent a eus el soufferts, pourquoi ne les a pu accomplir ainsi qu'il eût voulu ; mais il a intention et bon vouloir de les accomplir au mieux el le plus bref qu'il pourra , el tant que mon dit seigneur le duc de Bourgogne en devra être content. El quant à ce qu'au dil article est faite mention que en plusieurs points et articles de la dite paix a été altemplé directement de la part du roi, et faiton de jour en jotir, le roi ne sait ni croit, et ne vottdroit que rien de sa part eût été attempté ni fait au contraire, mais bien auroit le roi sur ce de quoi soi douloir, d<mt il se passe de présent. »

CHRONIQUES D'ENGUERRÂND DE MONSTRELET

(létft]

Après que les «oibassadeun dont dessus est ftiU» mentioo eureol éiè el vaqué par plusieon journées en l'hftlel du roi, où ils Tureol reçus «saet lMNM»«bkineDt , et qu'ils eurent bieo au loag remontré l'état et les artides pour quoi ils éloieat U envoyés de par les seigneurs des- Ms <iil8 , «t ««ssi que les réponses sur ioeux «rticles, tact de bouclK eomne p«r écrit, leur eureui été baillées de fiar le roi, prirent eoagé et s'en rtdouraéreal devers les dessus dits seiigiie«irs. Toutefois, le roi n'étoit pas bien conteat ai joyeux des assemblées que les dessus dits seigneurs faisoieat en ton absence ; car de Jour eu jMU- y avok des ptais grands de tout •on MteJ et de «eux 4e son privé conseil qai ha diaoient «t rnpportaientqoe les dites assemblées n'étoiesl pdnt pour eon bien, «t qn'keuK seigneurs s'effovvoieat d^trùre de leur ftarti les nobtes bomoies de son royaune, avecqoe les gens d'église et le coamniB peuple, pour faire tons easeaifaie oewelIes«rdoBoanoes et baiUer gcaveroement en iod« fofanne de par les trois étais ; ce qui seroiit«t pourroit être à son grmtd pr^fudice ; parae 4p»si«iwi ^it, oeoHne ils disoient, il s'avoit wrile autorité , sinen par les mnins de ceux 4pii avoient le dit ffonveraement. Aqaoile ms -desms £t répondit qu'il ne pourroit nidlement croire qu'ieeux dessus dits seigneurs -vouteisauBt ce ttàre «ontre 1m ni sa majesté rojwte. Et par spécial que le duc de Benpgo- •gne se voolstt entremettre ni consentir d'«a- «ane obow être ihile i son fnr^ndioe, considéré kpaix-et réonioa que nagnéve ils avcoent fwle l^'twntre l'autre ; et disoit outre que s'il p«a- 'voit ^Im certainement averti qn'ik voukisseot -traiter «a bire aucune chose contre lui ni sa dite HMjeslé , il laisseroit toutes atrtfes besognes ponr leur courre sus.

GHÂPITAE GCLXY.

Comment le roi Cbirtes de France flt grand' assemblée de geo^d^armei, avec leaqutls alla tenir la JouméodeXtrlM, t laquelle journée iec Anglob uo comparurent point.

Au commencement de cet an, le rm de ^anee'fit un très grand mandement par toutes lesiparties et par tous les pays où il étoH obéi, pour vontinaer son entreprise qu'il arw* ■enoommencée, et as9end>ler gens ^guesre, -sur intention d'aller tenir la journée de Tartos,

de laqneiie en autre lieu est faite menCiosi ; car il avoit entrepris et vdonté d'y «voir la plus grosse arn>ée qu'oncques il eût eue peur nuls de ses autres adirés durant son règne. El MSsi la besogne lai tooctaoit moult grandement; car s'il e*t délaissé ioelle Journée sans 7 bailler seeoars, il élott en péril et en aventure de perdre les pa;s de Guienne et de Gascogne et très grand' partie des seigneurs à loi diéiasants, et avec œ, les aobies d'iœax pays. Lesqadies gens de guerre, avf c plasîears nôtres grands seigneors, se ntmmimnivaiA Sort A mettra eus très ditigenracBt et en très grand' multitude. Et s'assen^Mreal co plosiears et diwrs pBjfs, et grosses compagnies, ieoqneiles, par la délibération de son conseil, il §1 tker devers la cité de Toulouse par divers cberains.

£tentre4emps, la journée, qu'il «voit prise an premier jour de mai, fut rallongée, A U requMe des capitaines «nglois qui avoient faite la dite composition de l'arias, jasqo'aa jour de Soint-Jean-Meptifite i>rochain ensuivant ; l6qn«a temps durant, le roi fit ses prèparaitions. El «nftn se partit en très «cIAb et puissant appareil, pour aller au dit lieu de Toulouse, où toute sa dessus dite assenrtMese faisoit, comme ditcstoi-dessus. Et ponr vrai, quand le roi de FniiMe fut iUec venu el que les grands oeigneors «l capitaines qu^ avoK mandés furent assemMés ensemble, fut trouvé qu'il pouvoit bien avoà* le nombre de qaakn vingt mille obevonx, avec très grand nombre de «hariots et oharrettes, menant artiHeries, vivres «t adtres engins et lu^illements de guerre. El-quanl aux «eignenrs et capitaines, il y en avoit moult largement : entre lesquels 7 étoit te dau|4iin , premier flis du roi , le ^mmte de Rîcbemont , connétable de Fnmoe., -messire Charles d'Apjou , le comte d'Eu, le comte de Fey, le comte de Lomane , ES» da comte d'Armagnac, le sire d'AIbrefh, le comte ■de Comminges, les deux maréchaux de France, qui avec le dessus dH connétable faisoient l'avont-garde : c'esft à savoir le seigneur de Lohéoc et deYalogues et le seigneur deCotivy, amirtil de France, le seigneur de VMiars, le seigneur de IHongasoon, le «e^tnenr de fiainti>rieth,<le seigneur deChalençon, leseigneor ds 'Saint TuIKer, le seigneur de Tidemont etpta-

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