‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 742 sur 761 · LIVRE SEœND · texte numérisé non relu

LIVRE SEœND

cflonne par leur» tieutenants, qiù sont gens d« justice el eleres et notables hommes, en tel cas eux connoissauls , pour foire et admiiusbrer jttiilice.

» Ittm , qu'il plaise au roi foire abréger les procès et admiaislrer justice aux parties, et tant aux sujets des dits seigneurs comme aux sujets du roi , sans moyen , en foisant constitution, et par effet l'entretenant à ce que, sans avoir regard aux partialités du temps passé , bonne Justice y soit mise et administrée.

» Le roi n'a Jamais eu plainte ni doléance des dites choses, et désire de tout son pouvoir l'administration de Justice el l'abréviation des procès, sans avoir regard aux dites partialités; ains voudroit punir tous ceux qui feroient le contraire; et l'intention du roi est écrire k sa cour de parlement et à ses autres otBciers de justice, que dorénavant ils abrègent encore plus qu'ils n'ont accoutumé les dits procès, et fossent bon et bref drmt aux dites parties, sans avoir regard aux dites partialités.

» him , ont remontré au roi l'horreur des roberies , outrages et dérisions que font (dosieurs gens de guerre, qui se disent au roi, tant sur les sujets des dits seigneurs que sur les siens, requérant sur ce provision, non par lettres ou paroles , mais par effet; et aussi ont remonstré qu'il serait convenable que seulement aucuns capitaines notables qui bien et loyaument ont servi le roi eussent la charge des gens d'armes et de guerre.

» Ittm, que les gens de guerre fussent payés, soudoyés et logés es Tronlières; et sans punition on ne leur souffrit tenir les champs, ou vivre sur le peuple. Et avec ce, que le roi retienne seulement pour lui servir gens expérimentés de la guerre , et non soi arrêter à la multitude; mais rontraigne les gens de bas état, oiseux , noiseux et non sachant de la guerre, d'eux retourner à leurs labeurs et leurs métiers.

» Les dites pilleries ont toujours déplu au roi et déplaisent de tout son cœur; et s'est essayé plusieurs fois de vider toutes gens faisant pilleries. Et quant aux logis sur frontières, lui étant dernièrement à Angers , l'avoil fait et ordonné, et les avoit établis et soudoyés; mais lors et depuis, on lui a levé les dits gens d'armes, qui a été cause de remettre les pilleries

sur tes pays; et ont été taites plusieurs traverses, par quoi on n'a point pu exécuter ai donner provision aux dites pilleries, ainsi qall avoit proposé et intention de faire. Et est l« roi du tout délibéré, en suivant le consul des dits seigneurs, d'y pourvoir si eonvenable^ ment que les dites pilleries cesseront , et de casser toutes gens inutiles pour la guerre. S) requiert aux dits seigneurs qu'ils ne veuillent accueillir aucuns qui feroient contre la dite ordonnance.

» Ittm. ont remontré au roi la pauvreté du commun peuple, excessives tailles, aides, impositions, gabelles, dont les dessus dits sujets sont insupportablement foulés, requérant qu'il plaise au roi d'y pourvoir convenablement et modérément.

» Le roi est très déplaisant de la paovreté de son peuple , en quoi il a très grands intérêts et dommages, et a intention ,. selon son pouvoir, de les relever et supporter le plus fort qu'on pourra; et pour eux ôter de la pillerie, loi a convenu aller Fan passé es pays de Champagne, où il a été, et foit cesser la dite pillerie. Semblablement le fera es autres lieux de son royaume, et ne cessera jusqu'à ce qu'il ait foit mêmement comme dessus est dit, touchant les gens d'armes qui demeurèrent es dites fl'ontiéres, en leur faisant paiement et ordonnance de vivres, en quoi il est délibéré d'entendre et vaquer; autrement eonnolt la dépopulation et destruction de tout son royaume et de ses sujets. Et au regard des tailles, aides et gabelles excessives dont les sujets des dits seigneurs sont insupportablement grevés et foulés, le roi a plus supporté les si^Jets des dîM seigneurs que les siens propres; et sera trouvé que quand, en l'année, sur les dits sujets du roi auront été levées deux tailles , sur les pays et sujets des dits seigneurs n'en aura été levée qu'une, que les dits seigneurs mêmes ont prise, levée et empêchée, ou la phis grand' partie. Pour quoi appert que besoin a été au roi avoir autre aide que des pays des dits seigneurs , pour conduire le fait de sa guerre e( de ses autres grands affaires.

» Item, ont remonstré au roi comment telles tailles et impositions se doivent mettre sus el imposer, et appeler les seigneuries et les états du royaume;

CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET. [1441

u Les aides ont élé mises sur les seigneuries, el de leur consenlemeol. £1 quant aux tailles, le roi, quand il a été on Heu, les a appelés ou fait savoir, combien que de son autorité royale, TU les grandes affaires de son royaume si urgentes, comoie chacun sait, et mèmemenl ses ennemis en occupant une grand' partie et détruisant le surplus , le peut mettre sus , ce qu'autre que lui ne peut faire sans son congé. El n'est Jà nul-beMin d'assembler les trois états pour mettre sus les dites tailles ; car ce n'est que charge et dépense au pauvre peuple, qui a à payer les frais de ceux qui y viennent; et ont requis plusieurs notables seigneurs du dit pays, qu'on cessftt de telle convocation faire. £t pour cette cause, sont contents qu'on envoie la commission aux élus, selon le bon plaisir du roi.

» Item, qu'aux grandes affaires de ce royaume le roi devroit appeler les princes de son sang plus que nuls autres, et qu'ainsi se doit faire raisonnablement, vu leur grand intérêt, et ainsi est accoutumé défaire par les très chrétiens rois de France, ses progëniteurs.

» Item, ont requis au roi qu'il lui plaise entretenir les dits seigneurs en leurs prérogatives et autorités, lesquelles ils ont, tant à cause des parties el autres seigneuries qu'ils ont au royaume.

» Le roi n'a traité d'aucune matière haute sans le su des dits seigneurs ou de la plus grand' partie d'iceux ; et encore son intention n'est point d'autrement faire; et son plaisir et sa volonté est de les entretenir en leurs prérogatives et autorités , el n'a rien fait au contraire. Ainsi lui fassent les seigneurs, el fassent faire à leurs sujets , en leurs terres et seigneuries , ainsi qu'ils sont tenus de faire.

» Item, qu'il lui plaise élire en son grandconseil gens notables cremant Dieu , et non extrêmes ou passionnés es divisions passées.

» Item, qu'il plaise au roi élire les dits conseillers en nombre compétent , el non plus commettre la somme ou conduite des grandes affaires de ce royaume à deux ou trois, comme il a été fait par ci-devant.

» Le roi, de son pouvoir, a toujours quis et élu en son conseil des plus notables de son royaume, ni le roi n'a eu regard aux divisions passées; il les a el lient pour oubliées, et a

toujours le roi eu bon nombre de conseillers, par lesqHeb il a conduit et délibéré les matières, ainsi que le cas et le temps l'ont requis.

» Item , qu'il plaise au roi prendre en bien ces remontrances, vu les quatre causes remonslrées au roi, qui ont mu les dits seigneurs de ce faire.

» Item, ont remonstré au roi le fait de monseigneur le duc d'Alençon , en lui requérant qu'il lui plût restituer la place de Niort, ou lui faire promptement délivrer son argent, ou paiement , et aussi le rétablir à sa lieuletaance el pension , et lui faire restituer la place de Sainle-Suzanne el un sien prisonnier anglois, ou lui administrer bonne et briëve justice.

» Quand le roi a été en son pays de Poitou pour y donner provision et faire cesser les pilleries qui s'y faisoient , et mettre en sa main plusieurs places par lesquelles se faisoient les dites pilleries, doutant le roi que durant le temps de son voyage de Tartas, el en son absence, que par les villes et châteaux de Niort fût porté dommage au roi et à son pays de Poitou , ainsi qu'aucunes fois el autrefois a été, le roi le reprit en sa main en intention de payer et contenter ce en quoi il éloit tenu , jà soit ce que toute la dette ne fût point de prêt; et déjà a fait bailler à mon dit seigneur d'Alençon six mille écus ; et le surplus à son paiement fera faire et bailler aux termes, et ainsi que le roi l'a écrit à mon dit seigneur d'Alençon ; et n'y aura point de faute, sans ce que le roi ail regard aux renies et revenus du dit lieu de Niort , que mon dit seigneur d'Alènçon a levées le temps qu'il l'a tenue. Touchant le rétablissement de sa lieulenance et pension , quand mon dit seigneur d'Alènçon se conduira et gouvernera envers le roi ainsi qu'il doit , le roi le traitera comme son parent el sujet , en ayant mémoire de la procbainelé de lignage et aux services que lui et les siens ont faits au roi et au royaume; et toujours l'a fait jusqu'à ce que la faute soit venue par lui. Touchant la place de Sainte-Suzanne , le roi ne l'a point baillée au seigneur de Beuil , ni de par lui il ne la détient. Et toutes fois que mon dit seigneur d'Alènçon requerra au roi justice, il lui administrera et fera administrer très volontiers. Et le dit seigneur de Bueil a bien de quoi répondre , s'il tient de tort à mon dit sieur le

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