CHAPITRE IV
Comment Jean de MonUbrt, dac de Bretagne, mounil, et du pariemeni do l'empereur de ConMBtlnople de Parla, et le retour de la reine d'Angleterre.
Au commencement de cet an mourut Jean de Montfort, duc de Bretagne , auquel succéda Jean, son fils premier né, qui a voit épousé la BUe du roi de France, et avoit plusieurs frères et sœurs. Auquel temps l'empereur de Constanlinople^ qui avoit été grand espace de temps en la ville de Pai-fs, aux dépens du roi de France , se partit atout ses gens et s'en alla
* Manuel Palé^ologue arriva i JParts le S Juin 1400 ponr demander des tecour» contre Bnjazet ; il tut magnlflqoement accueilli à Parti par Cbarlea VI, qui d^i, l'année précédente, lui avoit envoyé le maréchal Boucicaul avec douze cents bommet. {f^oy, le Moine de Salnl-Denls, année 1400.) Manuel Paléologue passa en" Angleterre au mol» de septembre 1400, et revint à Pa^^ ris le 28 «rrler 140» j 11 retourna i ConstaBlinople dans le cours «le celle année.
CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET
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en Angleterre , où il fut moult honorablement reçu du roi Henri el de se9 princes , et de là s'en retourna en son pays. Et adonc, plusieurs notables ambassadeurs par diverses fois furent en'Vo;és de France en Angleterre, et d'Angleterre en France, pour traiter principalement que le roi d'Angleterre voulstt renvoyer la reine Isabelle, fille du roi de Franc«, Jadis femme du roi Richard -, et , avec ce , qu'il la laissât jouir et posséder du douaire qui enconvenancé lui avoit été au traité du mariage. Lesquels ambassadeurs, après plusieurs traités, enfin vinrent à conclusion ; et fut icelle reine ramenée en France par messire Thomas de Percy,connétabled'Angleterre, qui avoit en sa compagnie plusieurs chevaliers et écnyers, dames et damoiselles , pour icelle accompagner ; et fut conduite jusqu'à un lieu nommé Lolinghen, entre Boulogne et Calais; et Ui hit délivrée et baillée à Yaleran, comte de Saint- Pol, capitaine et gouverneur de Picardie, avec lequel étoient l'évèque de Chartres et le seigneur de Longueville pour la recevoir; et si y étoient la damoiselle de Montpensier, sœur au comte de La Marche , et la damoiselle de Luxembourg, sœur au dit comte de Saint-Pol, et autres dames et damoiselles envoyées de par la reine de France. Lesquels tous ensemble , après qu'ils eurent pris congé aux seigneurs et dam?8 d'Angleterre, se partirent de là et amenèrent la dite dame aux ducs de Bourgogne et de Bourbon ; qui à grand' compagnie l'attendoicnt sur une montagne assez près de là. Si fut d'eux reçue et bien venue très honorablement; et, ce fait, l'amenèrent à Boulogne, et de là à Abbeville, où le dit duc de Bourgogne, pour sa bienvenue, fit un très honorable, dtner; et après, icelui duc prit congé d'elle et retourna en Artois. £t le dit duc de Bourbon et les autres, qui étoient à ce commis, l'amenèrent à Paris devers le roi son père et la reine sa mère , desqueb elle fut reçue et bienvenue très bénignement. Néanmoins , jaçoit qu'elle fût honorablement renvoyée, comme dit est, si ne lui fut assigné aucune rente ni revenus pour son douaire, dont plusieurs princes de France ne furent pas bien contents du dit rot d'Angleterre, et désiroieot moult que le roi de France se disposât & lui faire la guerre.