‹ Choix de discours & allocutions des plus célèbres orateurs pour la retraite et le jour de la première communionChapitre 43 sur 100 · DE MONSEIGNEUR DARBOY · texte numérisé non relu

DE MONSEIGNEUR DARBOY

ce pieux auditoire, que la parole de J.-G. si encourageai) le et si douce : « Laissez venir à moi les petits enfants? » Cette parole est bonne comme l'invitation d'un ami, tendre comme les caresses d'une mère, pure et suave comme le j "une âge, instructive, sage et profonde comme tout ce ( ji vient de la vérité même.

Je voudrais donc expliquer brièvement cette parole pour affermir et développer les pensées de foi qui sont les vôtres, et pour faire aimer davantage celui qui vient vous nourrir de sa chair, de son sang et de sa divinité ! Oui ! que la lumière d'en haut éclaire et pénètre de plus en plus voire esprit et vous fasse apprécier la grandeur du Dieu qui vous invite à le recevoir : Ad me venire. Que votre cœur, ouvert et touché par l'onction de la grâce, réponde à son appel avec toutes les dispositions si bien exprimées par ce seul mot : Parvulos! sinite parvulos,

I. Un jour, celui-là même qui vous appelle à communier adressa cette question à ses disciples : Qui dites-vous que je suis ? et l'apôtre Pierre, le premier partout, répondit : Vous êtes le Christ, fils de Dieu. 0 Pierre, reprit le Sauveur, vous êtes heureux, parce que vous n'avez point Jugé par les yeux du corps, mais par les yeux de la foi ! C'est pourquoi vous serez la pierre fondamentale de mon Eglise. Or, vous aussi, vous confessez aujourd'hui, avec l'apôtre Pierre et toute l'Eglise, que J.-C. est le fils de Dieu, et, pour prix de votre foi, J.-C. vient prendre possession de votre âme et vous affermir dans la vertu. C'est donc un Dieu que vous allez recevoir, c'est le Dieu promis aux patriarches et prédit par les prophètes, le Dieu fait homme, qui eut pour mère la vierge Marie, qui naquit à Bethléem et mourut sur le Calvaire, qui règne aujourd'hui dans les cieux et demeure présent sur nos autels.

Car, vous ne l'ignorez point, dans le repas qui précéda

alin ainsi est-il

blablea à lui par I

par l'incarnation, ennobli et divii

nature humaii

nous qui est déifié, el la cr : noble

du Créateur. Oui, c'est vuus-n.

abaissant les deux, descendez dans nos par la

sainte communion ! C'est votre corps, vot: otre

ftme et votre divinité ! Oui, osl r .otre

parole, qui est celle d'un mourant et d'un Di ■■;. parole formelle, simple, claire et fort-

énergique et soutenue de dix-huit siècles, qui ont com et proclamé que, étant mort pour nous sau us n'a-

vez pas pu parler pour nous tromper, et qu'il n'y a pas moins de vérité dans ce que vous lans

ce que vous faites ! J'en atteste, mes h votre pre-

mière communion, et le cher souvenir que vous en avez gardé, et l'émotion qui vous saisit toutes les fois qu'une fête pareille vous rassemble, et les larmes si douces que vous arrache alors le spectacle où brille tant de pureté jeunesse et de bonheur, où vos enfants, sous les im; sions toutes neuves de la foi et de la piété, dans le recueillement et le respect, semblent tous pénétrés de la présence réelle du Créateur.

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Ainsi cVsl Dieu, pi it fin des choses, maître sou-

verain de La vie el de la mort, c'est Dieu qui s'incline jusqu'à sa faible créature et lui témoigne, dans l'Eucharistie, ■on infinie bonté! Quel amour en effet que celui qui se maniteste envers vous aujourd'hui, prince, par les grâces qui vous comblent et par la manière donl elles vous sont prodiguées! Quel profond el merveilleux changement va s'opérer en vous! J.-C. descend dans votre cœur avec tous ses trésors, faisant disparaître L'anime immense qui sépare le ciel de la terre. Sa richesse infinie vient vous secourir, sa sagesse vous éclairer, sa force vous tendre la main, sa sainteté non souillée habiter votre âme. En un mot, il se l'ait votre nourriture. Union intime et glorieuse ! Car, d'après Les lois instituées pour la conservation de notre vie terrreslre, les aliments que nous prenons se changent en notre substance; par le travail de l'assimilation, nous les élevons jusqu'à notre dignité d'homme et les couvrons de l'honneur de notre personnalité, parce que nous sommes plus nobles qu'eux et plus forts. Mais ici, dans l'Eucharistie, J.-C, plus noble et plus fort, ne prend possession de nous-mêmes que pour nous transformer divinement et nous élever jusqu'à lui, en faisant passer sa ■lans nos âmes; de sorte que, selon les ternies énergiques de l'Ecriture et des Pè n'est plus nous qui is. mais Dieu qui vil en nous-, et que nous devenons ainsi, dans une certaine mesure, d'autres Jésus-Christ.

On comprend des Lors tout ce qu'une si noble et si sainte union réclame de dispositions religieuses, et qu'il faut s'y présenter av 3 qualités d'esprit el de cœur,

avec cette foi sincère et cette innocence dont le jeune âge a, pour ainsi dire, naturellement le gracieux privilège. Sini te parvulos.

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