DE MONSEIGNEUR DARBOY
leurs fils ce qu'ils ont amassé par le travail ; tous, si nous étions près de mourir, nous voudrions léguer à ceux qui nous sont chers quelque débris de nous-mêmes, qui leur fût un souvenir de notre passage. Et le Seigneur, qui aima les siens jusqu'à la fin, n'aurait pas égalé les hommes en bonté, ni transmis à ses frères a do p tife, avant de les quitter, un héritage digne de lui! Comment le penser? Eh quoi! dans Les familles, on conserve les images des aïeux, et le plus près qu'on peut de soi leurs cendres vénérées; et l'humanité orpheline n'aurait pas la consolation de posséder, d'embrasser et d'adorer son père et son Dieu! Non, non ! que votre piété se rassure et s'anime ! Votre Dieu, votre père, ne vous est pas ravi. Que votre âme s'affranchisse de toute pensée terrestre ! Songez à la îe, à l'amour, à la puissance de J.-C, et reconnaissez, sous les voiles eucharistiques, sa substance même, tout ce qu'il est comme homme et comme Dieu. Qu'un puissant rayon de sa tumière descende dans votre esprit et le pénètre; qu'il imprime un nouvel élan à la foi que vous avez reçue avec le baptême, et qui s'est développée et affermie en vous par les instructions religieuses. Croyez et adorez, mais surtout aimez, afin de croire et d'adorer mieux encore. Aimez J.-C, et donnez-lui votre cœur aussi bien que votre it. El comment refuser votre reconnaissance et votre amour au Dieu de l'Eucharistie? Car si les autres sacrenenls ont pour objet et pour résultat de ramener vers lui affections de notre cœur trop partagé, et s'ils tendent ainsi à nous mettre en rapport avec la divinité même, cependant aucun n'opère cet effet d'une façon plus admirable et plus intime que le sacrement d'Eucharistie, et c'est pour cela qu'on le nomme proprement la sainte communion. Les autres sacrements commencent l'œuvre de notre union avec Dieu, mais l'Eucharistie l'achève; les autres nous
ALLOCUTIONS DE PREMIER K COMMUNION. Il
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Dieu si digne d'être aimé, et répond la vivacité de vos sentiments. Ami el père, il est luut à vous, soyez à lui sans n ment 'le votre âge et dans toute la pi cience renouvelé
Ohl oui, recevei I.-C. avec une enoe exemple
souillure et détestant Le péché ! Ce n'est point a un encore une fois, c'est à Dieu même qu'il s'agit d'offrir une demeure; ce n'est [joint un acte vulgaire, c'est la plu- sublime action qu'il s'agit d'accomplir. Vous de quel appareil redoutable Dieu, proclamant le D i . environna le Sinaï, une froide et insensible pierre qu'il ne fil que toucher d'un lointain éclair de sa gloire ; vous s comment il protégea soit l'arche sainte, soit le sancluai du temple, qui ne contenait après tout que les monument* matériels de son alliance avec les hommes. Or, si l'on devait tant de respect à ce qui n'était que figure et symbole. que ne doit-on pas à la réalité? Qui ne serait pas d'un religieux effroi en approchant de Dieu même, qui esl substantiellement présent dans l'Eucharistie î nue l'homme
DE IfONSEIGNEUfi DARBOT. 163
ionc s'éprouve, dit l'Apôtre, avant de participer à ce pain lacré et à ce calice du salut. Mais s'éprouver, c'est se connaître et se purifier; c'est avoir le repentir du passé, l'innocence dans Le présent, les meilleures et les plus fermes lésolutions pour l'avenir; votre jeune âge a gardé la fleur 3t le parfum de son innocence, au milieu des soins si in- (riligents et si délicats dont vous avez été le tendre objet; l'aillcurs, le ministère du prêtre aurait, au besoin, effacé jusqu'à la moindre de ces fautes où l'humaine faiblesse l'évite pas de tomber. Ainsi votre conscience est sans reproche. Toutefois, disposez-la mieux encore, si c'est pos- Ëble, en prenant la résolution généreuse de rester à janais ce que vous êtes aujourd'hui devant Dieu.
Et maintenant, Seigneur, venez prendre possession de jette jeune âme, si précieuse a tant de titres. Elle croit en fous, ô vérité infaillible! Mais augmentez sa foi. Elle vous idore, ô perfection absolue ! donnez-lui de vous offrir des îommages encore plus dignes de votre majesté ! Elle es- Dère en vous, ô très douce miséricorde ! que son espérance Raffermisse et l'aide a se tenir constamment attachée aux •hoses du ciel. Elle vous aime, ô bonté infinie ! que son imour pour vous grandisse et l'inspire dans ses sentinents et ses résolutions. Elle se propose de vous demeu- •er fidèle et dévouée; gardez-la, Seigneur, gardez-la bien, ît que la visite dont vous l'honorez aujourd'hui soit l'a-
ant-goûl et la garantie de son bonheur dans le temps et lans l'éternité !
Après la Communion
Prince, le grand acte de votre première communion est iccompli. Vous venez de contracter avec J.-G. une alliance ilinie el sacrée ; il habite voire cœur, où sa présence
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quer comme votre défenseur et votre appui.
Oui, votre appui dans la pratiqui distinguer le chrétien el dans l'accomplissement d
ions qui attendent Le prince. Votre jeun el votre avenir m'émeut ; pi vos premières années, votre destinée m' quelques-uns de ses orages et de ses comba' railles de cette chapelle reculent et disparaissent a yeux, et derrière vous j'aperçois la France entière avec un demi-siècle de son histoire. Celte au- ision i:
mon cœur d'évèque et de Français des sentiments e1 vœux où j'oserais dire qu'il y a de la sympathie et du i , de la tendresse et du dévouement. Je crois, du i ■ qu'en m'exprimant ainsi, je ne fais qu'interpréter ce J noble et religieuse assemblée.
Tous ici nous demandons avec vous, prince, que la sagesse de Dieu vous dirige, que sa justice vous soutienne que sa bonté vous console et que sa puissance vous protège; qu'il vous inspire de la modération dans la prospérité, la prudence dans les conseils, l'énergie dans l'action.
de l'abbé perreyve. 168
[a constance dans les fatigues et les périls ; qu'il vous lonne un esprit supérieur, une volonté droite et ferme, un ■œur magnanime, une âme maîtresse d'elle-même ; qu'il jfpus rende invinpible aux tentations de l'heureuse fortune 3t aux séductions de la flatterie ; et qu'il vous accorde l'avoir toujours la parole sobre et soutenue du commandement, les mœurs correctes et graves du législateur, une vie pleine de mérites et de félicité. Maintenez-vous ians la vertu par une assidue vigilance sur vous-même, par la fidélité à la prière et par la pratique des sacrekents. Aimez l'Eglise et la France, servez Dieu et votre lays; soyez un grand chrétien et un grand prince, et que a bénédiction du Saint-Père reste à jamais sur vous et mus porte bonheur pour le temps et pour l'éternité!....
ALLOCUTION DE L'ABBÉ HENRI PERREYVE (1) Avant la Communion
Avant de mettre sur vos lèvres le corps de J.-C, je veux rous rappeler dans quel esprit l'Eglise désire que vous le ■eceviez en ce jour.
Tâchez de faire revivre dans vos cœurs la mémoire de ce noment ineffable (2) où la pieuse et innocente Marie vint lès l'aube de .son enfance, au jour de sa Présentation, onsacrer à Dieu s«> vie tout entière.
(1) Méditations sur les saints Ordres, etc., par l'abbé Henri Perreyve. - Çhapelliez, édit., Paris.
(2) Le texte porte : « Nous célébrons la fête de la Présentation de otre-Dame, c'est-à-dire la mémoire de ce jour où, » etc., comme ciessus. La fête de la première communion étant célébrée très rarement
demander aussi un •. l'attend de voi
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Consacrer sa vie à Dieu comme la Viei ous lajl
conseille en ce jour, et comme J.-C. vous le demandai c'est lui donner toute cette vie. quelle qu'< brève ou longue, triste ou heureuse, pour qu'il la pi la sanctifie, en fasse un instrument de - ace et de sH gloire.
C'est le propre de cette consécration parfaite et pro-
le jour de la Présentation, non? osons indiquer une ; modi-
fication qui permettrait, il nous semble, d'adapter l'allocution s. chante de l'abbé Perreyve à toutes les circonstances où a lieu la première communion.
de l'abbé perreyve. 167
fonde que l'âme ignore ce qu'elle donne et qu'elle ne cherche pas à Le connaître. Dieu seul Le sait, et il suffit. On ferme les yeux, on met sa main dans la main de Jésus, l'étemel ami des âmes, et confiant comme le petit enfant qui marche 1rs yeux fermés dans les ténèbres, parce qu'il tient Le vêtement de sa mère, on marche en foi et en abandon dans Le chemin qui conduit où Dieu sait.
Je nous Le demande, U.C. E., la vierge Marie savait-elle ce qu'elle donnait au jour de sa Présentation? — Non, assurément, elle ne le savait pas, elle ignorait quelle serait pette vie qu'elle donnait tout entière; elle ne prévoyait rien, mais elle donnait tout.
0 mystère, ù profondeur de la sagesse et des miséricordes divines !
Au moment où L'innocente Marie parut dans le temple et s'approcha de l'autel pour s'offrir à Dieu par le ministère du grand prêtre, elle consacrait à Dieu, sans le savoir, celle pure et virginale jeunesse qui devait la disposer au plus grand honneur que les cieux et la terre {Rient jamais contemplé.
Elle consacrait à Dieu, sans le savoir, cette heure ineffable dans laquelle, par les paroles de L'ange, elle connut que le Tout-Puissant l'associait à sa paternité et qu'elle était la Mère du Fils de Dieu.
Elle consacrait à Dieu, sans le savoir, cette nuit étonnante dans Laquelle, à travers des larmes de saisissement et d'amour, la virginale enfant vit devant elle, sur un peu de paille, le petit enfant Jésus, le fils de Dieu, son fds !
Elle consacrait à Dieu, sans le savoir, les soucis et les terreurs qui s'emparèrent déjà de son âme lorsqu'il fallut de^ le lendemain, arracher L'Enfant Jésus au glaive d'IIérode et L'emporter en Egypte.
Elle consacrait déjà, au jour de sa Présentation, les
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Elle consacrait à Dieu les longueurs lemps qui sépara la morl d<
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qu'attendu où un dernier effort d'amour fil qui la retenait à la terre, et la jeta dans le sein de fils.
Au jour de sa Présentation et de ses premières pro-1 messes, la douce enfant ne prévoyait absolum n de
ndes choses, mais elles étaient toutes contenue! dans l'acte simple et absolu de sa consécration, et il si juste de dire que, sans les connaître, elle Les i :.:. un on semblable que Jésus attend de vous.
Quand vous l'aurez reçu dans votre cœur, vous vous souviendrez de Marie et du don parfait que la céleste enfant sut faire de toute elle-même. Nous nous recueillerons alors, je prononcerai en votre nom des promesses que vous suivrez dans le silence de vos cœurs et qui. plus que
de l'abbé PERREYVE. 169
jamais, devront vous attacher à la pratique des vertus chrétiennes.
Après la Communion
« 0 Seigneur Jésus, prenez mon âme, elle se donne à vous pour toujours : j'ai compris vos désirs; j'ai compris le caractère propre des promesses que vous attendez de moi; elles n'emportent rien d'étrange ni d'extraordinaire; vous ne voulez de moi que les promesses d'un enfant qui veut vous plaire toujours.
» Je vous donne donc et vous consacre cette vie que vous voulez à votre service^ Quelle sera cette vie, mon Dieu? — Je ne sais. Sous quelle forme vous plaira-t-il de me prendre à votre suite? — Je l'ignore. Dans la joie ou dans la tristesse? dans la richesse ou dans la pauvreté? dans la santé ou dans la maladie? dans la paix de l'âme ou flansles épreuves? — Je ne sais, je l'ignore; mais je sais qu'il n'est pas nécessaire que je le sache, je ferme les yeux, je ne prévois plus rien, je me donne à vous sans réserve, sans limites pour le temps et pour l'éternité!
» Je me donne à vous dans l'innocence, vous conjurant de la garder et de la défendre en moi contre les moindres tentations du monde et de ses faux bonheurs.
» Je me donne à vous dans le repentir, si des fautes dignes d'être pleurées ont altéré déjà la blancheur de mon âme.
» Je me donne à vous dans les souffrances; je sais que je souffrirai, Seigneur. 11 y eut un temps où je croyais que l'on pouvait être toujours joyeux sur la terre, mais un regard plus intelligent sur le monde m'a fait comprendre qu'il y faut souffrir. Je souffrirai donc, et je ne vous demande qu'un peu de courage et la douce compagnie de vos célestes consolations.
iJeme donn<
s donl voi pores el lendi
cheveux blancs ou d< es plus jeunes que
autour de mon c
tout le bonheur de famille ou d que j ad»
vous el que je remets entn
» J i vous <i;i!.
demai dé ! enl dangereux
pauvre, tant mieux ! je ressemblerai d . roi
de pauvreté, I : à Ifi tiumble îra-
ouvrière, La rehn n'ai point : bénéfice d'ui
ne gagne pas mon pain de chaque jour, je
neur, celui des autres, el dis] : même, je travaillerai mieux pour les ; s de
Jésus-Christ.
» Je me donne à vous dans la vie et dans la mort. Dans la v: 'iir que vous U : z de
bienfaits; dans la mort, si elle vient bientôt, pour que vous la couvriez pour moi que si
pas. comme la divine Marie, L'ineffabl ir de mou-
rir à force de vous aimer, j'aie du moins, comm rais
chrétiens, la grâce de mourir en vous aimant.
» 0 Jésus, vous avez maintenant mes promesses. »
— 0 Jésus, vous avez les promesses de ces jeunes âmes ! Je les dépose en ce moment sur l'autel avec celles de tous les chrétiens qui sont ici, avec celles de ces pn qui entourent vos enfants, avec celles que je vous donne moi-même, moi le dernier venu et le dernier d'entre eux. Prenez-les, cachez-les, gardez-les. défendez-les, comme vous avez défendu et gardé les prom le l'innoc
Marie.