‹ Choix de discours & allocutions des plus célèbres orateurs pour la retraite et le jour de la première communionChapitre 49 sur 100 · DE S. ÉM. LE CARDINAL MERMILLOD · texte numérisé non relu

DE S. ÉM. LE CARDINAL MERMILLOD

chantent le trois fois saint; niais il a daigné vivre avec nous, perpétuer sa présence au milieu de nous. II est là, dans la réalité de sa présence; il est là vivant et agissant, et vous attendant. Il vous attend comme attendait sur les collines de la Judée le père de l'enfant prodigue, qui Regardait chaque soir si son enfant égaré ne lui revenait pas; il est là, vous attendant, comme lorsqu'il était à la feble dii la Gène, accueillant ses apôtres et leur disant cette grande parole : « Prenez et mangez, ceci est mon corps; prenez et buvez, ceci est mon sang. » Et voilà dixneuf siècles que l'Eglise le possède, qu'elle le garde, qu'elle le donne aux générations qui se succèdent. Elle vous convie à ce banquet sacré, à ce festin nuptial, elle vous appelle à venir vous agenouiller et à le recevoir de ses mains et de son cœur d'épouse. Et que lui apporterezvous à ce Dieu fail chair, à ce Verbe éternel descendu sous les voiles eucharistiques?

Le premier sentiment qu'il vous demande, c'est l'adoration. Plus il est abaissé, plus il veut qu'on reconnaisse sa majesté. Quand il était enfant de Bethléem, le dédaigné des hommes, l'oublié du monde, qu'il n'avait pas même une place dans la chétive mansarde du pauvre pour abriter sa première heure, il a réclamé alors toute la majesté du ciel sur sa tète, comme un arc de triomphe; il a demandé à l'ange de chanter sa gloire ; à l'étoile de lui servir d'armoirie ; il a demandé aux pâtres de s'incliner, et aux princes de la terre de laisser leur patrie et de venir, sur la foi de l'étoile, l'adorer dans l'obscurité de la pauvre grotte. Ainsi l'adoration, ce sentiment que nous ne connaissons pas ou que nous oublions, hélas! nous n'avons plus pour lui ce grand et solennel respect des anciens jours. Jadis, sous la loi de la terreur, quand le grand prêtre entrait dans le temple et dans le Saint des Saints,

de : r ■'■■ I

le

ite

inte qui s'im] que,

depuis dix huit -..s*

lui moins d

lui, Dieu

mis a la por

oœur, descendanl j\ demand-r 1*1. >s]

âme. C'est pourquoi

lui ter : Lion.

D'ailleurs, lui, il D'est là que p un instant, mes mai in d

anges et de la multitude qui reconnai , c'e

que Lui, à son tour, recom rini

sainte; il rendait honneur el - .ho

neur à Dieu. L'honneur de Dieu! ce mot qui déconcerte o étonne nos oreilles délicates et nos cœurs amollis, vieux mot que nos pères répétaient a res?

pect : l'honneur de Dieu! Eh bien, le Christ tabernacle pour rendre honneur à Dieu et rend ire

Dieu, et en venant dans nos églises, reconnaissons grandeur dans ses sublimes et douces condescendanc et si le prêtre chante dans sa préface : « Adorau tremunt potestates, les puissances tremblent, les maj adorent; » nous, pauvres majestés de la terre et grandes faiblesses de ce monde, inclinons-nous et adorons avec les

Page 1