‹ Choix de discours & allocutions des plus célèbres orateurs pour la retraite et le jour de la première communionChapitre 5 sur 100 · DE SA GRANDEUR MONSEIGNEUR FAVA · texte numérisé non relu

DE SA GRANDEUR MONSEIGNEUR FAVA

EVÈQUE DE ORENOBLE

Grenoble, le 19 mars 1892.

Mon CHBR Abbê,

Votre ouvrage pour la Première Communion m'arrlve, et je m'empresse de le parcourir. Comme je ne m'y trouve pas, je m'imagine que vous m'avez réservé de me tenir à. la porte pour dire comme l'Ange du Seigneur à Joseph : « Prenez l'Enfant el sa Mère ! » C'est aux prêtres, c'est aux enfants, c'est à lous, que je veux dire et redire les paroles : Prenez Jésus et Marie, dont ce livre est rempli, et comme Joseph aimez-les et servez-les de tout co'iir.

Le bon saint François de Sales ne pouvait s'empêcher d'admirer la charité des hôteliers qui se placent le long des chemins et dans les villes pour offrir l'hospitalité aux voyageurs! Qui pourrait ne pas vous rendre grâces à vous, cher Abbé, qui venez de préparer une nouvelle hôtellerie aux âmes voyageuses sur la terre, en leur oifrant dans votre ouvrage le vrai viatique? Car, en vérité, c'est déjà donner Jésus que de le faire connaître.

Vous avez voulu que des nommes illustres vous vinssent en aide, pour réaliser votre projet d'offrir une nourriture aussi agréable que solide aux personnes qui viendraient à vous, el bien vous avez fait. Cela prouve que vous aimez les âmes, puisque vous allez emprunter aux autres pour leur offrir l'aliment dont elles ont besoin. J'estime qu'un auteur fait une belle action en composant un bon livre, mais aussi celui qui le propage a grand mérite, puisqu'il aide autrui à s'en nourrir.

Tout ce qui peut servir à assurer la bonne préparation aux

preml mmonio

communion i -jui in!!

1 1 bien accaeilli dam pu

m- le jeune homme donl p - île, et il

qu'on enfuit l'es! bien douri»'- .1 Lui '•!

\ Marie, il n*i plm qn'

cher Abbé, par rotre on

rer ses enfants à leur premii nmoni à même

roua atteigne] l'âme dei enl •"<• mac

chacun s'efforce de b re admirer la . pr

.luit vite l'amour dam le Satan le lavait I

montra le frnit défende à Eve : il étaii

Montrons au monde lefrnitde la croix, 1*1 sa Mère, qui est à ses pieds, dam sa j»udeur bonté Mm limites; rite il- les admireront, vite ils les aime anssi.

Si donc, cher Ahbéj vous croyez mon petit mol ntile à q que chose, mettez-le à l'entrée de votre hôtelleri*-. le heu-

reux qu'il vous attirât du monde : vous savez si bien réconf ravives,

Tout vôtre, cher Abbé, en la sainte Famille.

f amànd-Joseth, évéjm <ie flraeri

La littérature chrétienne contemporaine s'est enrichie de nombreux ouvrages relatifs à la première communion. Quelques-uns attestent non moins de talent que de zèle; mais presque tous sont destinés aux enfants., et un choix des allocutions de première communion de nos plus célèbres orateurs n'existe pas encore. En essayant d'en lier la gerbe, nous espérons faire œuvre utile et opportune.

Ne lisez pas les bons livres, a-t-on dit, ne lisez que les excellents. Cette parole s'adresse surtout aux porte-voix de l'enseignement catholique. Qu'ont à faire des prêtres des publications les mieux intentionnées d'ailleurs, si elles sont pauvres, vulgaires de pensée et de style f Recourons aux maîtres* Il en reste toujours quelque chose.

C'est à ce point de vue que nous nous sommes placé pour moissonner les allocutions de ce recueil.

D'aucuns diront peut-être : Nos enfants ne comprennent qu'un langage simple. — Sans doute. Mais, s" adressant aux enfants, les meilleurs orateurs sont simples; ce qui ne leur empêche pas d'être en même temps élevés, délicatsy de toucher les cordes les plus vibrantes du cœur.

Pourquoi l'éloquence sacrée est-elle privée des effusions admirables qu'eussent tirées de leur âme les François de

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Mais, aus célébrée avec la soi ure

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autres continuaient leur préparation et V Ascension, à la P< ou à la i

Cependant, dès le wn' <'t le wm' riait-elle donn< ••>■ dans une pat

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principales et non la moins ta <ie.

Le récit qui suit (du xvii esi un des pi'

que nous a y mis trouvés de première <:

Ecoulon> -n le prédicateur :

€ // faut, mes enfants, que d ms remière e

ni on que vous allez fair<% qui vous tiendra lieu < d'un second baptême, vous r l protestai

que vous avez faites 'lans le premier; mais (Tune autre manière. Dans le premier, comme vous ovie: par la

volonté d'un autre, il suffisait que vous parlassiez par bouche empruntée, et vous ne pouviez pas faire autre chose; mais à présent que vous avez offensé Dieu, votre Père, par votre volonté propre, et que vous pouvez p< par vous-mêmes, il faut que ce soit vou -mêmes qui rè1 diez aux demandes que je vais vous faire; mais que ce soit sans mentir, c'est-à-dire ne pas parler d'une façon et penser d'une autre, et que votre cœur et vol rieur s'accordent avec ce que vous direz extérieurement de boucle/.

» Eh bien donc! mes très chers enfants, ne reconnaissezvous pas humblement que vous avez grièvement offensé

votre Père céleste? Oui. Quoi! vous ne répondez pas d'une voix haute et int dligiblei Quand autrefois, dans les rencontres, vous disiez des injures aux autres, vous parliez d'un ton si élevé que tout le monde vous entendait : il faut faire la même chose aujourd'hui et réparer publiquement toutes les injures que vous avez faites à Dieu en présence de tout le monde.

» Ne reconnaissez-vous donc pas devant Dieu que vous avez commis un grand nombre de péchés? — R. Oui. — Ne reconnaissez-vous pas que vous êtes indignes des grâces de Dieu et de la sainte communion? — Oui. — N'étes-vous pas marris de tout votre cœur de tous les péchés que vous ; commis? — Oui. — N'en demandez-vous pas très humblement pardon? — Oui, — Ne renoncez-vous pas derechef à Sala n et à ses œuvres ? — Oui. — Ne promettezvous pas à Dieu, moyennant sa sainte grâce, de ne plus retourner à vos péchés? — Oui. — Ne faites-vous pas état de mener dorénavant une vie tout autre que celle que vous avez menée jusqu'à présent? — Oui.

> Ah! oui donc, mon Seigneur, accordez à ces enfants le pardon de leui s péchés qu'ils vous demandent.... »

Dans un second dialogue, les premiers communiants demandaient pardon à leurs pères et à leurs mères. — « Eh bien donc, ne reconnaissez-vous pas que von? avez été bien malheureux de faire aussi fâcher vos pères et mères? Ne leur en demandez-vous pas pardon de tout votre cœur? — Oui. — Ne leur promettez-vous pas que vous ferez tout votre possible pour ne leur donner jamais plus aucun sujet de mécontentement? — Oui. — Ma >, surtout, nêtes-vous pas dans le dessein de leur cire à l'avenir plus obéissants que vous n'avez été par le passe? — Oui. — Courage, mes en finis; en faisant de la sorte, sans doute que Dieu vous donnera mille bénédictions.

» M péché COntf h

ur a pardon ;

mand pardon, < t q

que par leur* langues, pl\ s paroles; donne

lui i nu, qu'ils sachent q% .. J"

connais par i tue vous con>

que vous lessr uc oom

demandent, '-t q\ »

Voraï votre Père cleste et avec M g de la terre:

petit fa

avec les autres, lesquelles je veux croire que oom étouffées avant de oo\ 1er ici; car l<

fruits que le Sacrem vous a

crement d'union, et qu'' elle co>

tous ceux qui le reçoivent doiven1 de cœur et d'affection: mais il est bon <. liât ion se fasse publiquement et avez

peut-être donné mauvais exew r MM ous

édifiiez maintenant par le I >'0us donnerez

d'une parfaite amitié; embrassez donc n

mais que ce soit plus encore du cœur que des bras. »

Et pendant que les enfants exercés n( ad hoc

s'embrassaient les uns les autres, sans confusion, sans trouble, et avec tendresse et piété, le prédicat aux spectateurs :

« Mais vous, qui v t choses et q\

des inimitiés que vous ne voulez point étouffer.' '■ h ■ ' que

ces enfants vous accusent puissamment, et que V exemple qu'ils vous donnent maintenant sera un jour, si vous ne le suivez, une terrible condamnation contre vous! Vous avez, Seigneur, tiré votre louange de la bouche des enfants ; mais que les cœurs endurcis, qui paraissent toujours dans leur dureté, tireront une condamnation terrible de ces mêmes enfants, et que cet exemple, qu'ils ne suivent pas, les confondra au jour du jugement! Ah! s'il y avait ici quelqu'un de ce nombre, ah! lui dirais-je, que c'est un grand malheur pour vous d'être venu aujourd'hui dans cette église, pour y voir ce qui ne servira qu'à vous condamner davantage. Détournez, détournez vos yeux de l'action que font maintenant ces enfants, pour ne pas voir V accusation de votre dureté et le sujet de votre condamnation. Mais non, je veux croire qu'il n'y a personne que cet exemple n'attendrisse, et que s'ils ne font pas maintenant ce que font ces enfants, c'est que, ou ils n'ont point d'ennemis, ou ils ne se trouvent pas auprès d'eux pour les embrasser, et ils font maintenant de cœur ce qu'ils feront effectivement au sortir de cette église. »

Le prédicateur inspirait ensuite aux enfants, toujours sous forme dialoguée, les sentiments les plus touchants de foi, d'adoration, d'espérance, d'amour et de consécration à Jésus-Christ :

€ Ah! mes très chers enfants, voici la demande la plus douce de toutes, mais il faut répondre cordialement : Naimez-vous pas, mais je dis de tout votre cœur, mais je dis de toutes vos forces, mais je dis de toute votre affection, ce très bon, ce très doux et ce très aimable Sauveur? — Oui. — Ne lui consacrez-vous pas tout votre cœur, toutes vos pensées et toutes vos affections ? — Oui. — Ne voulezvous pas vivre et mourir en aimant Celui qui vous aime tant, et ne désirez-vous pas que le dernier soujnr de votre

lèsusf — Oui. —

donc, 6 me ■' i

us les ' dresset et vouscotntn qu'on o-s laissât i

de vous (t)..#. »

Le réunissait ïes premiers comm

un à

Méthode de 1 inde de faire ce

tpres, de le terminer par la rénovation ie baptême ei te Te Deum en action de grâces.

a vu se gti er les exercices du mois

Varie, du mois de saint Joseph, du mois lu Sacré Cœur, a aussi réalisé ce vu Ion : « Je cr<

faudrait rendre la première co on le plus se

possible. »

Presque i>'irtout, aujourd'hui, elle est célébrée en très grand.-- pompe et précédée d'un

que, pour la régénération chrétienne de la famille, de la société, c'est là un moyen d'apostolat plein S espérance. Ainsi que Va dit un poète, l'homme n'est que t la continuation de l'en faut; » les premiers communiants d'aujourd'hui seront les catholiques et les Français de denvi lou-

blons donc de zèle pour rendre profonds, dura1

ignements du jour vraiment céleste où l'enfant donne à Dieu et en reçoit ce premier baiser ineffable qui s'appelle la première communion. Ce jour-là décide ordinairement de l'orientation religieuse et morale de toute la vie.

Xos antiques chroniques rapportent que la grande et idéale héroïne de notre histoire, Jehanne, la Pucelle d'Or-

(1) Le P. Loriot, de VOratoire de Jésus.

léans, allait au combat avec un fanion sur lequel était inscrite celte devise: Jhesus, Maria.

Puissent nos enfants, par une sainte première communion, s avancer tous au combat de la vie, abrités sous la même double égide que Jeanne d'Arc : Jhesus, Maria!

L'abbé J. GUILLERMIN.

Saint-Tropez (Var), le 21 novembre 1891, en la fête de la Présentalion de Notre-Dame.

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