UNE RÉPUBLIQUE CONSACRÉE AU SACRE-COEUR. 3G
lège, il le fut sous les armes, communiant tous les dimanches et fêtes, ce qui ne l'empêchait pas d'être le soldat le plus gai de son bataillon.
En janvier, auprès de la ville du Mans, il s'agit un jour de reprendre un mamelon aux Prussiens; 500 zouaves furent cha s de cet honneur; 200 y périrent, mais le mamelon fut conquis; Georges était parmi les vainqueurs, mais une balle l'avait blessé mortellement à la dernière décharj
Lorsque l'aumônier passa près de lui, lui offrant le secours de son ministère : « Merci, répondit Georges, je me suis confessé il y a deux ou trois jours; pour le moment je n'ai rien qui me pèse sur la conscience ; veuillez seulement m'apporter la sainte communion. J'ai un autre service à vous demander : allez à mon sac, qui porte tel numéro; vous y trouverez une cravate blanche, un ruban blanc et un chapelet blanc : ce sont mes souvenirs de première communion ; veuillez me les apporter.
Quand l'aumônier fut revenu, Georges lui dit : « Mettez-moi cette cravate autour du cou. » Puis, après avoir reçu le saint viatique, il ajouta : « Lorsque je serai mort, ce qui ne va pas tarder, vous m'enlèverez cette cravate et vous l'enverrez à ma mère, en lui écrivant de ma part que cette cravate de ma première communion n'a jamais reçu d'autre tache que celle de mon sang versé pour ma pauvre patrie. » (D'après Mgr de Sdgur.J
Une république consacrée au Sacré Cœur. — La république de l'Equateur est la première nation qui se soit consacrée officiellement au Sacré Cœur. Ce grand événement eut lieu sous la présidence de l'immortel Garcia Moreno, que la secte maçonnique fit tomber sous son poignard homicide en haine de la foi catholique, et dont le dernier cri fut : Dieu ne meurt pasi
Le jour anniversaire de cette glorieuse consécration est devenu la fête nationale de l'Equateur. Voici comment le peuple équatorien la célèbre.
La solennité a lieu dans la capitale de l'Etat, à Quito, cette jolie ville qui brille comme une perle précieuse sur la cime des Andes. Des milliers et des milliers de fidèles de tout âge et de toute condition s'approchent de la sainte table. Bientôt après commence le défilé de toutes les classes sociales.
C'est, en premier lieu, le groupe des adolescents. Ils arrivent en procession à la cathédrale. Une allocution appropriée à leur
i le 8arsse, a
' jnsécra-
inii.
.•i la pi : la n
plu 8 lui'
pour la.
•i venir roupes entrent, en grande ' I en
erdre parfait, dans la c teur à la parole ar-
iz un d< sans
bornée à la c neut
i Bainl S ut et récitent la formata de cons
non.
C'est le tourd' rature et des fonctionnair Btai.
« Vous qui diriges l< Lnéea du peuple, venez ici plus volon-
tiers que qui que ce soit pour rendre hommage au Roi d- Tel est en subs'i ours qu'on lem i . îvoir
renouvelé l'acte de conî - 2 nL
Après tous les autres, 1< :it de la république, ceint de
son écharpe présidentielle, suivi de ses généraux, de ses ministres et de ses oi ; va prendre place sur le trône qui lui a été préparé. Il prononce à son tour la formule imposante qui le consacre, lui, tout le corps social et tout le peuple, au Cœur adorable de J.-C.
La bénédiction du saint Sacrement termine cette incomparable solennité. Le canon tonne pour annoncer que l'Equateur a rendu son hommage national au Maître du ciel et de la terre.
Le secret du dévouement catholique. — A Paris, dans les deux salles de la préfecture de police où les femmes dépravées et les voleuses arrêtées restent un jour ou deux au dépôt provisoire, !es religieuses de Marie-Joseph, condamnées par leurs vœux à vivre dans cet égout toujours coulant de boue humaine, sentent parfois leur cœur défaillir; par bonheur, on leur aménagé dans un coin une petite chapelle; elles vont y prier, et, au bout d'un quart d'heure, elles ont refait leur provision de courage et de douceur.
LE CACHET M l.\ PREMIERS COMMUNION.
Très justement et avec l'autorité d'une longue expérienoe, le P. Etienne, supérieur des et des sœurs de Saint-
Vincent de Paul, disait à des visiteurs étrangers : « Je voi fait connaître le détail de uotre vie, mais je ne vous en ai pas donné le secret. Ce secret, lu voici : C'est J.-C. connu, aimé, servi dans l'Eucharistie. »
(Taine, Revue des Deux Mondes, l,r juin 1891.)
Le cachet de la première communion. — Lorsqu'en 1831, l'archevêché de Paris fut saccagé et pillé, l'image de sa première communion fut un dus objets que Mgr de Quélen regretta le plus; et néanmoins que de meubles précieux, que de .ivres, de papiers et de manuscrits plus précieux encore avaient été jetés à la Seine ou étaient devenus la proie des flammes ! Cependant le bon ange du digne prélat avait sans doute veillé à la conservation de la chère petite gravure. Un garde national l'avait ramassée dans la cour de l'archevêché et l'avait apportée à sa femme. Celle-ci, lidèle paroissienne de Saint-Merry, s'empressa d'en avertir le curé de sa paroisse, qui, jugeant au soin précieux avec lequel l'image avait été conservée, qu'elle devait être fort chère à Mgr de Quélen, ne chercha plus qu'une occasion favorable pour la lui remettre. Cette occasion ne tarda point à se présenter. Monseigneur, étant allé peu de jours après donner la confirmation à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, paroisse non loin de Saint- Merry, accepta l'hospitalité du presbytère; et, au dessert, après avoir amené la conversation sur les joies de la première communion et le charme que le souvenir de ce beau jour répand sur la vie entière, on présenta au vénéré prélat l'image dont il venait de jéplorer la perte. A cette vue, la joie de Mgr de Quélen se traduisit par des larmes qu'il ne put retenir. Il rentra à l'archevêché, heureux comme un conquérant qui vient de recouvrer une province perdue, et il voulut offrir bob portrait à la pieuse femme qui lui avait ménagé cette joie.