‹ Choix de discours & allocutions des plus célèbres orateurs pour la retraite et le jour de la première communionChapitre 97 sur 100 · LA SOCIÉTÉ DU COURAGE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

LA SOCIÉTÉ DU COURAGE CATHOLIQUE

promesses de leur baptême et de leur première communion. Je voudrais bien, moi aussi, aller me rouler dans cette belle boue!....

A ces âmes ne pnrlez plus du bonheur que Ton éprouve auprès de Dieu, de la prière, de l'Eucharistie.... Elles ont une réponse : Tout cela m'ennuie! — Ce qui en ce monde fait battre les grands et nobles cœurs : l'oubli de soi, une vocation divine à la charité, le dévouement dans le sacrifice pour Dieu, pour les pauvres, pour la patrie, une vie de devoir, de travail.... Tout cela m'ennuie! — Les joies calmes de la famille, le bonheur que l'enfant éprouve auprès de son père, de sa mère.... Tout cela m'ennuie! — Et que rêvez-vous donc pour goûter le bonheur, malheureux jeunes gens, malheureuses jeunes filles? — Ah! je voudrais bien, moi aussi, aller me rouler dans cette belle boue! — Ah! oui, le péché, c'est bien de la boue, la plus abjecte des boues.

Oui, voilà où l'on tombe. Ah! cette enfant qui pouvait se nourrir du pain des anges, qui était appelée aux joies délicates et célestes de la religion, du devoir, de la famille, elle n'a pas compris son honneur.... et la voilà qui convoite un bonheur semblable à celui des animaux immondes qui se roulent dans la fange 1

La Société du courage catholique. — Le manque de courage dans la profession de la foi catholique suggéra (il y a quelques années) à des jeunes gens de Turin la pensée de se grouper sous le nom de Société du Courage catholique. Pour devise, ils prirent celle des anciens preux : Potiùs mori quam fœdari : Plutôt la mort que le déshonneur; et ils y ajoutèrent ce cri : Tous et tout pour Dieu !

Voici les sept points principaux de leur programme :

1° Professer les principes catholiques avec courage, fermeté, constance, sans provocation aucune, sans ostentation et sans forfanterie;

2° Défendre et revendiquer avec ardeur la liberté, non pas celle du mal, qui n'est que la licence, mais cette liberté qui s'avance sans dévier dans l'orbite tracée par la foi et la morale catholiques, et qui fait marcher à rangs serrés, à la voix et sous l'autorité de l'Eglise, c'est-à-dire du pape, de l'évèque et du clergé;

3° Fréquenter ostensiblement les sacrements à des époques déterminées, et le faire sans ostentation, mais aussi sans regarder timidement autour de soi;

4° Participer à toutes les processions générales, à toutes les

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Dignité de l'âme baptisée. — Aux vieux temps de la monarchie française, la iille d'un de nos rois, femme pourtant soli-

d ''lit vertueuse, dit un jour, dans un empo: cité,

à l'une de ses suivantes dont elle se cro mie,

souvenez-vous que je suis la fille de votre roi! — Et moi, répondit celle-ci, sûre de son bon droit, souvenez-vous que je st. fille de votre Dieu!

— J'ai connu une vertueuse femme, dit le pieux Boudon, toute pauvre des biens de la vie -, mais très riche de.-f Liens du

ciel et pleine de l'esprit de J.-C. Comme on élevait dans la ville qu'elle habitait une magnifiqu- , elle se sentit : d'of-

frir un écu, fruit de ses épargnes, afin de mettre, elle a grain de sable dans l'édifie - le prêtre à qui elle

son offrande la connaissait, refusa d'accepter son écu et voulut lui faire agréer un secours, lui disant qu'elle était pauvr . avec une foi admirable : Moi, pauvre! mon j ! ne suis-je

pas chrétienne, fille d'un grand Roi, héritière d'un grand royaume?

Un cri de foi. — La fille d'une des plus illustres maisons de France s'écait vouée au service des pauvres dans un hôpital. Ur jour qu'elle conversait avec une de ses anciennes compagnes, on lui annonce qu'un malade souffre, à la porte, attendant qu'on veuille l'admettre. Elle y court avec un tel empressement qcompagne s'écrie : Ne dirait-OL - u allez au-devant d'un

duc ou d'un prince? — Ne dirait-on pas, lui répond la que J.-C. est moins pour vous qu'un prince ou qu'un duc.'

LE VOILE 01 i \ PHEMIÈM COMMUNION. 3G3

L'Kglise. — L'Eglise est comme cette fameuse tour penchée que les voyageurs admirent à Pise. L'étranger est là sous cette tour qui penche, qui penche, et cela depuis des siècles, et ne tombe jamais. Bâtie du marbre le plus brillant et le plus indestructible, elle est là toujours. Oui, voilà l'Eglise, l'Eglise catholique, la véritable tour de David. Elle est bien ainsi, toujours comme penchée et près de sa chute, et ceux qui ne savent pas les secrets du divin Architecte disent : C'est effrayant!.... Non, pas du tout, c'est admirable 1 (D'après Mgr Dupanloup.)

L'Irlandaise. — H y a quelques années, une jeune Irlandaise, mariée à un pauvre ouvrier que l'on menaçait de la perte de ses biens s'il ne commettait une action contre sa conscience, lui disait avec un cœur de reine : « Mon ami, fais ton devoir. S'ils nous ohassent de notre cabane, ils ne nous chasseront pas du ciel. »

Ghristophore. — César disait dans une tempête à son nautonnier qui tremblait : Qaid limes? Cœsarcni vehisl Que crains-tu? Tu portes César! C'est un mot sublime. Mais il y en a un meilleur, souverainement vrai celui-là. C'est le mot du premier communiant qui se dit en entrant dans la mêlée de la vie, avec défiance de soi, mais avec courage en Dieu : Que crains-tu? Tu portes J.-C. - Je m'appelle Christophore, disait jadis un grand chrétien, c'est-à-dire porte-Christ. Dites aussi : Je m'appelle Christophore, porte-Christ, et si J.-C. est avec moi, qui sera contre moi? Si Deus pro nobis, quis contra nos ? (S. Paul.)

Le voile de la première Communion. — Une jeune fille avait fait une bonne première communion. Ce jour avait parfumé 9on âme du plus délicieux bonheur, et longtemps après, elle aimait, quand elle était seule dans sa chambre, à remettre sur sa tète son voile et sa couronne, puis elle se tournait et se retournait devant la glace et souriait de plaisir. Mais, hélas! la pauvre enfant grandit; les passions vinrent, les séductions du monde l'entourèrent, elle fut faible, elle devint pécheresse. Alors, elle n'aimait plus son voile ni sa couronne; quand ses yeux les rencontraient, elle les détournait pour ne pas les voir. C'était un remords. Un jour que, pressée et impatientée, elle cherchait quelque chose dans son armoire, elle aperçoit son voile, elle le repousse et le jette par terre : Maudit voile, il est toujours làl

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/uva la paix et !• ir.

La cravate blanche de la j.romlère Communion. —

Georges X.. enfant 0V1 un collège eccl mheur d mmnnioi . L

de ce saint jour, il alla moi

solutions. 11 n'y en avait qu'une ends la

résolution de continuer à porter la cravate blanche

mière communion jusqu'au jour où il m'arrivera de comn.

un péché grave. »

Le directeur, tout étonné, lui dit : Je ne puis prendre sur moi de vous autoriser à une résolution si étrange; il faut que vous ayez le consentement de votre mère. — La mère étant venue, l'enfant s'expliqua tant et si bien devant elle et son directeur, que l'on finit par le laisser libre de suivre son inspiration.

Quinze jours après, un condisciple se permit de retirer à Georges sa cravate blanche; cela valut à l'impertinent une réponse frappante. Il y eut encore des assauts, mais ils furent sans su Enfin un autre condisciple s'y prit par la douceur : Mon ami, ditil, pourquoi te rendre singulier? etc. Georges alors lui confia son secret, lui recommandant de n'en rien dire. Le lendemain, tout le collège sut le mystère. Mais comme l'amour du travail de notre jeune héros, ses succès dans sa classe, imposaient à ses condisciples autant que son aimable sagesse, on passa des taquineries au respect.

Georges grandissait par ailleurs en vertu, s'approchant tous les dimanches de la table sainte.

Les vacances vinrent; il parut chez ses parents avec sa cravate blanche, la garda tout le temps, la rapporta au collège et ne c de la porter jusqu'à la fin de ses études, où il fut reçu bachelier.

C'était en 1870 ; la guerre venait d'éclater. Georges, qui avait dix-huit ans, demanda à son père la permission d'aller rejoindre les zouaves pontificaux de Charetfp, Il avait été un modèle au clo-

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