VI. Mais toi ne cherche pas
un produit du cuivre et de l'or, ces matières infécondes,
et ne force pas la pauvreté [riches, : à faire les œuvres de ceux qui sont-
ni celui qui demande
le capital à donner des intérêts.
Est-ce qu’en effet tu ne sais pas ‘que lé besoin d’un emprunt
est une demande d’aumône
au-beau-visage (déguisée) ?
\ C’est-pour-quoi aussi ia loi,
cet écrit introductif (qui ouvre la ‘de la piété, [vote)
interdit partout l’usure :
Si tu prêtes de l’argent
. au frère de toi,
tu ne seras pas pressant lui.
Et la grâce, qui'est-surabondante
par la source de la bonté, établit-comme-loi
Ja remise des dettes;
là-où elle est montrant-sa-bonté et disant :
Et ne prêtez pas/d ceux
de qui vous espérez recouvrer; .
et ailleurs dans une parabole châtiant amèrement
“4e serviteur dur,
qui ne fut pas fléchi À par son compagnon-d’esclavage
‘ se prosternant devant lui, <t.ne remit pas une dette:légère
de cent deniers,
lui-même ayant reçu la remise des dix-mille talents.
Mais le Sauveur de nous
et maître de la piété,
32 L'PHIOPIOY ΟΜΙΛΙΑ ΚΑΤΑ TON ΤΟΚΙΖΟΝΤΩΝ.
καὶ τύπον ἀπέριττον τοῖς μαθηταῖς εἰσηγούμενος, ἓν καὶ τοῦτο τῆς ἴκεσίας λόγοις ἐνέθηχεν, ὡς μάλιστα δεῖν χαὶ πρῶτον ἀρχοῦν ὀυσωπῆσαιῖ Θεόν Καὶ ἄφες ἡμῖν τὰ ὀφειλήματα ἡμῶν ἃ, καθὼς χαὶ ἡμεῖς ἀφήχαμεν τοῖς ὀφειλέταις ἡμῶν. Πᾶς οὖν προσεύξη, à τοχογλύφος3; μετὰ ποίου συνειδότος αἴτηικα ἀγαθὸν ζητήσεις παρὰ Θεοῦ, ὁ πάντα λαμθάνων, καὶ μὴ μαθὼν τὸ διδόναι; Ἡ οὐκ οἶδας ὅτι À προσευχή σου ὑπόμνησις µισανθρωπίας ἐστίν; Τί συνεχώρησας, χαὶ συγγνώµην aiteïc; Τίνα ἠλέησας, χαὶ χαλεῖς τὸν ἐλεήμονα; Av δὲ χαὶ δῷς ἔλεημοσύνην, [οὐκ ἐκ] μισανθρώπου φορολογίας, οὐκ ἀπὸ συμφορῶν ἀλλοτρίων δακρύων γέµοντα) χαὶ στεναγμῶν; Ei ἐγνώριζεν ὁ πένης πόθεν ὀρέχεις τὴν ἐλεημοσύνην, οὐκ ἂν ἐδέξατο, ὡς ἁδελ-
offrant à ses disciples une règle et un modèle de courte prière, y a fait entrer les paroles qui suivent, comme les plus nécessaires et les plus efficaces pour fléchir Dieu : Et remettez-nous nos dettes comme nous les remettons nous-mêmes à ceux qui nous doivent. Comment donc prieras-tu , toi, l’usurier ? De quel front demanderas-tu une grâce à Dieu, toi qui recois toujours et ne sais pas donner ? Ignorestu que ta prière ne fait que rappeler ton inhumanité ? Qu’as-tu pardonné pour venir demander le pardon ? Quand as-tu fait miséricorde, toi qui invoques le Dieu miséricordieux? Si tu donnes une aumône, n'est-elle pas le fruit de tes rapines crueiles, n'est-elle pas grosse des malheurs, des larmes, des soupirs d’autrul ? Si le pauvre savait l'origine de cette aumône que tu lui offres, il ne l’accepterait pas; il Jui semblerait qu'il va goùler à la chair de ses frères et au sang de ses
ivéônxe λόγοις
χαὶ τοῦτο EV,
καὶ μὴ μαθὼν τὸ διδόναι; Ἡ oùx οἶδα-
tal χαλεῖς
Av δὲ καὶ δῷς ἐλεημοσυνην, οὐχ
El ὁ πένης ἐγνώριζεν
ἐκ φορολογίας µισανθρώπον, où
enseignant à ses disciples
une règle et un modèle de prière qui-n'a-rien-de-superflu,
a mis-dans les paroles
de la supplication
aussi cette chose unique, |
conime étant-nécessaire surtout
et suffisant la première
pour persuader Dieu :
Et remets-nous
les dettes de nous,
comme aussi nous les avons remises aux débiteurs de nous.
Comment donc prieras-tu,
toi, le gratteur-d’intérêts ?
avec quelle conscience solliciteras-tu de Dieu
une demande bonne,
toi qui reçois toutes choses,
et qui n’as pas appris à donner?
Ou ne sais-tu pas
que la prière de toi [manité ?
estun moyen-de-rappeler ton inhu- Qu’as-tu remis, [mise?
et tu demandes (pour demander) re- De qui as-tu eu-pitié,
et tu invoques (pour invoquer)
le miséricordieux ?
Ει si même tu as donné l’aumône ne donnes-tu pas [maine, par-suite-d’une perception inbune donnes-lu pas
en les tirant des malheurs d’-autrui des dons gros de larmes
et de soupirs?
Si le pauvre savait d'où la tirant tu lui tends l’aumône, il ne l'aurait pas reçue, comme allant goûter aux chairs de-ses-frères
84 ΓΡΗΓΟΡΙΟΥ OMJAIA KAYA.TON.TOKIZONTA@N.
δ) ἂν πρὸς σὲ λόγον γέμοντα σώφρονος παῤῥησίας * Μή µε θᾳέ- Ψης, ἄνθρωπε, ἀπὸ δαχρύων ἀδελφικῶν ' μὴ δῷς ἄρτον πένητι Ὑενόμενον ἀπὸ στεναγμῶν τῶν συμπτώχων ' ἀνάλυσον πρὸς τὸν ὀμόφυλον ὃ χαχῶς ἀπήτησας, χἀγὼ ὁμολογήσω- τὴν χάριν. Τί ὠφελεῖς, πολλοὺς πτωχοὺς κοιῶν, καὶ ἕνα παραμνθούµεος ; Εἰ μὴ πλῆθος ἦν τοχιστῶν, οὐκ ἂν Av τὸ πλῆθος τῶν πενοµένων. AÜodv σου τὴν “φατρίαν!', -xui πάντες ἔξομεν τὴν αὐτάρχειαν. Πάντες τῶν τοκισοῶν'.κατηγοροῦσι, χαὶ οὐκ. ἔστι- τοῦ : χαποῦ θεραπεία νόµας, προφῆται, εὐαγγελισταί: οἷα γοῦν ὃ Βεσπέσιος Aube λέγει '᾿ Ἀχούσατελ οἱ ἐχτρίθοντες εἷς. τὸ πρὼϊ πένητα, χαὶ χαταδυναστευοντεσιστιοχοὺς ἐπὶ τῆς γῆς ' οἱ λέγοντες, Ἠότε διελεύσεται 6 μὴν, χαὶ ἐμπολήσομεν; Οὐδὲ γὰρ πατέρες οὕτω
. proches ;. mais il te tiendrait.ce langage plein d'une noble liberté : 0 homme, ne me nourris pas des larmes de mes frères ;: ne denne pas au pauvre ce pain, fruit des gémissements de ses compagnons de misère: remets à ton semblable ce que tu as injustement exigé de lui, et je te rendrai grâce. Que sert-il que tu consoles un malheureux, si tu en
fais mille? S’il n’y avait pas un tel nombre d’usuriers, il n’y aurait pas untel nombre de pauvres. Dissous ta confrérie, et mous pourrons tous nous suffire. Partout on accuse les usuriers,; et rien ne peut guérir cette plaie, ni la loi, ni les prophètes, ni-les évangélistes : « Écoutez ceci , dit Amos, vous qui réduisez en poudre les pauvres et qui faites périr ceux qui sont dans l’indigence, veus qui dites : Quand seront passés ces mois où tout est à bon marché, afin que nous vendions nos.marchandises ? » En effet , les pères sont moins
καὶ αἵματος τῶν. οἰχείων * -et à du sang de ses proches; ἂν εἶπε δὲ πρὸς σὲ λόγον et il aurait dit à toi υπ discours Ὑέμοντα σώφρονος παῤῥησίας' ‘plein d’une vertuewse franchise : M θρέφῃς µε, ἄνθρωσε, ο Ne nourris pas moi, 4 homme, ἀπὸ δαχρύων ἀδελφικῶν de larmes fraternelles; ER Ce πένηι “ne donne pas au pauvre ἄρτον γενόμενον ἀπὸ στεναχμῶν du pain provenant des soupirs "τῶν σνμπτώχων * de ses conipagnons-de-pauvreté; -&mé)voey annule (‘race (de ton. frère) πρὸς τὸν ὀμόφυλον vis à vis de celui qui-est-de-même- Σ5 ἀκήτησας χακᾶς, * ve que tu ἃς réclamé à-tort, χαὶ ἐγὸ ο moi tdrai grâce).
ὁμολογήσω τὴν χάριν. ο j'avouerai la reconnaissance (te renτι ἀφαλεῖς, r En quoi’ests-atile, ποιῶν πολλοὺς πτωχοὺς, faisant beaucoup de pauvres, χαὶ καραμοθούμενος Eva; et en consolant {soulageant) un? à Et pù ἡν :-Süikn’yavait pas πλήθος τοχιστῶν, multitude d’usuriers, οὐκ ἂν ἦν τὸ πλήθος il n’y aurait pas la mulfitude .φῶν πεποµένων. de ceux qui sont-pauvres, AGaov τὴν φατρίαν ao, Dissous la corporation de toi, ς«παὶ- πάντες Ébopev εί tous nous aurons τὴν αὐτάρχειαν. le moyen-de-nous-suffre.
Πάντες . Tous | πατηγοοοῦσι τῶν τοκιστῶν, accusent les usuriers, xai νόμος et la loi [guérir le) πτα!, «οὐκ ἔστι θεράπκεια τοῦ πακοῦ, n'est pasguérison du'(ne peut pas :πρρφῆςαι, εὐαγγελισταί αἱ les prophètes, ni les érangélistes;: οἷα γοῦν comme donc ὁ θεσπέσιος ‘Aude λέγει ᾿ le divin Amos dit : 'Ἀχούσατε Écoutez ol ἐχτρίόοντες πένηκα vous qui écrases le pauvre εἷς τὸ πρωὶ, au matin (dès le matin), χαϊκαταδυναστεύοντες πτωχοὺς et qui opprimez les indigents ἐπὶ ῆς γῆς ‘sur la terre; -οἶ λέγοντες, vous quidites :
Πότε ὁ μὴν διελεύσεται͵, Quand le mois passera-t-il, xai ἐμπολήσομεν ; et vendrons-nous nos denrées P TOO γὰρ-πατέρες * Car pas mémetes pères
+ Aalpayon οὕτως se réjouissent ainsi .
χαίροὺσιν ἐπὶ τῇ γεννήσει τῶν παίδων, ὡς où τοχίζοντες εὑφραί-νονται τῶν μηνῶν ! πληρουμένων. |
VII. Καλοῦσι δὲ τὴν ἁμαρτίαν σεινοῖς ὀνόμασι * φιλάνθρωπον τὸ λῆμμα προσαγορεύοντες, κατὰ µίμησιν Ἑλλήνων, of δαίµονάς τινας μισανθρώπους καὶ φονώσας , ἀντὶ τῆς ἀληθοῦς χλήσεως, Εὐμενίδας προσαγορεύουσιν. Φιλάνθρωπός γε; OÙ γὰρ À τόχου εἰσφορὰ οἴχους ἐχτρίδουσα, πλούτους δαπανῶσα ; τοὺς εὖ γεγονοτας χεῖρον ζῆν τῶν δούλων παρασχευάζουσα ; πρὸς ὀλίγον τέρπουσα ἐν ἀρχαῖς, καὶ πικρὸν τὸν ἐς ὕστερον βίον παρασχευάζουσα; Ὡς php τὰ πτηνὰ τὰ παρὰ τῶν ὀρνιθευτῶν ἐπιθουλευόμενα ἥλεται, ῥαινοιμένων τῶν σπερµάτων αὐτοῖς, χαὶ φίλην ποιεῖται καὶ συνήθη διαγωγὴν τὴν ἐν ἐχείνοις τοῖς τόποις, ἐν οἷς δαψιλὴς αὐτοῖς À
à # τροφη YIVETAL,
διόλλυται: οὕτως of τὰ ἔντοχα τῶν δανεισµάτων λαμθάνοντες,
heureux de voir des enfants leur naître, que les usuriers ne sont joyeux de voir les mois se remplir.
ΥΠ. lis donnent à leur péché des noms respectables, et appellent leur trafic humanité, semblables aux Grecs qui nommaient Euménides , d’un nom peu mérité , certaines divinités inhumaïnes et sanguinaires. Lui, humain? Mais n'est-ce pas le payement des intérêts qui renverse les maisons et épuise les fortunes? qui réduit des hommes libres à vivre plus mal que des esclaves ? qui pour un plaisir de quelques instants remplit d’amertume le reste de la vie? Les oiseaux se réjouissent des embüûches du chasseur; les grains qu’il répand pour eux leur font aimer et fréquenter des lieux où ils trouvent une abondante nourriture: mais bientôt ils sont pris et périssent dans les piéges : de même celui qui reçoit de l’argent à intérêt se trouve