LES RENARDS TROMPES PAR LE LOUP
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Les Renards trompes pur le Loup
Une bande de renards s'en allait un jour chercher de quoi manger. Tout en faisant leur ronde, ils trouvèrent un chameau mort. « Voilà, s'écrièrent-ils, de quoi vivre pour longtemps ; mais il est à craindre que quelqu'un de nous ne partage pas également avec les autres, que le plus fort ne prenne au delà de ce qui doit lui revenir, et que le plus faible ne meure de faim. Il nous faut donc chercher un arbitre relativement à notre trouvaille, pour qu'il la répartisse entre le fort et le faible. »
Or, pendant qu'ils s'entretenaient de cette affaire, un loup s'avança de leur côté, et l'un d'eux dit aux autres : « Si vous voulez , nous choisirons ce loup pour arbitre ;;-il est puissant et vigoureux comme vous le désirez; jadis son père fut notre roi, et il y a lieu d'espérer qu'il sera équitable envers nous. »
La proposition fut acceptée, puis ils allèrent
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trouver le loup, et l'informèrent de leur délibération, le priant d'être leur régisseur et. leur juge au sujet de la nourriture qu'ils avaient trouvée, et de donner journellement à chacun
une portion suffisante.
Le loup se rendit à leur demande et leur lit, le premier jour, une répartition convenable; mais, le lendemain, il se dit à lui-même : « En vérité, c'est une faiblesse de ma pari que de leur distribuer ce chameau; car ils ne peuvent me causer ni dommage ni profit, ils ne sont pas loris, et jamais ils ne cesseront d'être mes serviteurs et ceux de ma famille. Qu'ai-je doue à craindre? Ce chameau, c'est la Providence qui me l'a envoyé, je nr leur en dois pas d'actions de grâces; pourquoi les redouter et négliger mes intérêts? Désormais je ne leur donnerai plus rien. »
Les renards, pressés par la faim, vinrent lui dire : « 0 loup! donne-nous aujourd'hui de la nourriture. »
— « Non certes, répondit celui-ci; je n'ai ni distribution ni largesse à vous faire: vous n'aurez rien, retirez-vous; et si j'aperçois quelqu'un de vous roder autour de moi, je le tuerai.»