LES VOLEURS ET LE JEUNE HOMME
— « Que faut-il faire? » demanda le jeune homme.
— « Monte, répondirent-ils, et assieds-toi au milieu de l'arbre, tu secoueras fortement les brandies afin d'en faire tomber les noix; nous autres, nous les ramasserons, et, quand tu seras descendu, tu prendras ta part. »
Le jeune homme, monté dans l'arbre, se mit à secouer chaque branche ; les noix tombèrent, et les voleurs s'empressèrent de les recueillir et d'aller les cacher.
Sur ces entrefaites arriva le propriétaire, et déjà toute la bande s'était rassasiée de noix vertes. « De quel droit, s'écria-t-ii , touchezvous à cet arbre? Pourquoi l'avez-vous dépouillé de toutes ses noix? »
- — « Nous n'avons rien à nous reprocher, repartirent les voleurs. En passant de ce côté, nous avons trouvé ce jeune homme qui s'est dit le propriétaire de l'arbre ; c'est lui qui nous a régalés et qui a fait tomber les noix; nous ne sommes point coupables. *
Le propriétaire dit au jeune homme : « Et toi, quelle raison as-tu à me donner? »
— « Ce sont des menteurs , nous sommes
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venus ici ensemble; ils m'ont ordonné de monter pour faire tomber les noix, et ils en ont
rempli leurs sacs. »
— « Tu t'es jeté dans le mal, lui dit le propriétaire; as-tu gagné quelque chose à cela?» — « Mon Dieu! non, je n'ai rien mangé du
tout, je vous assure; je n'y ai pas môme goûté. »
— « Oli ! si je ne reconnaissais pas là ta bêtise, s'écria le propriétaire Mais assurément Lu t'es perdu au profit d'autrui. Quant à vous, dit-il aux autres, il est heureux: pour vous que je ne puisse vous accuser, faute de preuves. »