LA BOURSE ET LES TROIS AMIS
que je ne possédais alors rien autre chose que la bourse que je t'ai envoyée. Bientôt après je me suis vu forcé d'écrire à notre ami pour qu'il m'aidât, s'il le pouvait. Or il est venu luimême me remettre cette bourse encore scellée de mon cachet et que je te rapporte aujourd'hui. Comme il est évident que nous sommes tous trois dans le besoin, et que nous n'avons plus que cette bourse, eh bien ! il faut nous la partager. » Ouvrant aussitôt la bourse, le Hachémite donna cent dirhems à ma femme et répartit le reste entre nous, savoir : trois cents dirhems pour moi, trois cents pour notre ami, et les trois cents derniers pour lui.
La nouvelle de cette aventure étant parvenue aux oreilles du calife Almamoun, il me fit appeler et me questionna sur l'affaire, que je lui racontai dans tous ses détails. Ensuite il envoya chercher mes deux amis , et lit donner à chacun de nous deux mille dinars , plus mille dinars pour ma femme (l).
(1) L'aventure de la bourse et des trois amis est aussi racontée par D'Herbelot dans sa Bibliothèque orientale, à l'article Hachemioun, p. 437, col. 2, de l'édition in-fol. Paris, 1697.