LE CALIFE ELMAIIDI ET LE BEDOUIN
— « Je suis un (les serviteurs intimes du prince des croyants. »
— « Que Dieu répande ses bénédictions sur Vous et sur votre emploi! » dit le Bédouin, en lui versant un autre verre de vin.
Elmahdi le but et lui demanda de nouveau : « Sais-tu qui je suis? »
— « Vous venez de le dire : un des serviteurs intimes du prince des croyants. »
Elmahdi reprit : « Mieux que cela; un de seskaïds (1). »
Et le Bédouin s'écria : « Que Dieu fertilise votre pays et vous fasse parvenir au but de vos désirs! » Puis il lui servit un autre verre, qu'Elmahdi prit et avala en répétant la même question : « Sais-tu qui je suis? »
— « Vous êtes, à ce qu'il paraît, un des kaïds du prince des croyants. »
— « Mieux encore , le prince des croyants lui-même. »
Tout à coup le Bédouin saisit l'outre et la pressa pour en répandre le vin à terre, puis il
(1) Le mot kaid désigne un chef militaire qui commande au moins à cinq cents hommes. On l'emploie aussi, dans les États barbaresques, en parlant d'un gouverneur de province ou d'un chef de tribu.