LE NUNCE, SA FEMME ET LE FAUCONNIER
prit et les emporta chez lui pour les élever. Lorsqu'ils eurent acquis de la force, il mit chacun d'eux: dans une eage réparée, puis il apprit à l'un à dire : « .l'ai vu le portier couché avec ma maîtresse dans le lit de mon maître, » et à l'autre : « Quant à moi , je n'en dirai rien. »
Durant six. mois entiers il continua ses leçons jusqu'à ce que les deux oiseaux, les récitassent parfaitement. Lorsqu'il eut obtenu d'eux tout ce qu'il voulait, il les porta à son maître, qui fut ravi de les voir et de les entendre parler, bien qu'il ne comprît rien à ce qu'ils disaient, car le fauconnier s'était servi pour cela de la langue des gens de Balkh (1). Toutefois le prince D'en témoigna pas moins un vif étonnement ; il conçut une grande estime pour le fauconnier et dit à sa femme d'avoir un soin tout particulier des deux oiseaux , ce qui fut ponctuellement exécuté.
Quelque temps après, plusieurs grands pér-
il) Capitale de la province du même nom, située dans le Kliora<;an. Il s'y fait un grand commerce de soieries. Cette ville fut prise en l'2'2 1 de l'ère chrétienne par Djcnguiz khan, et par Tiniour lenk, appelé communément Tamcrlau, en 13G9.