FABLE XV
L*An© chargé d'épongés et l'Ane chargé de sol.'
Un ànier, son sceptre à la main*,
Menait, en empereur romain',
Deux coursiers à longues oreilles *.
L'un (1 éponges chargé, marchait comme un courrier* ;
Et l'autre, se faisant prier ^,
Portail, comme on dit, les bouteilles '' : Sa charge était de sel. Nos gaillards pèlerins ",
Par monts, par vaux, et par chemins 3, Au gué d'une rivière à la fin arrivèrent*".
Et fort empêchés se trouvèrent '^ L'ànier, qui tous les jours traversait ce gué-là,
Sur l'âne à l'éponge monta ^^,
Chassant devant lui l'autre bête
Qui, voulant en faire à sa tète ".
t. Ésope.
2. Anier de asinarius, asnarius, asnier ; comparez écuyer de scutarius. — Son sceptre..; sur le complément sans préposition, voy. Gramm., § 193. — Sceptre. Le mot oxij-Tfov en grec signifie bâton, et le bâton est le signe du commandement.
3. E>i empereur romain, comparaison oui rehausse d'une façon ironique la dignité de l'ànier ; empereur de imperatorem, dérivé de imperare, commander ; a pour féminin impératrice.