AMELOT DE LA HOUSSAYE I
modération ou par crainte. Pour de la modération, je ne sai pas, si celui-ci en aura plus que l'Abbé de S. Real; 4) mais quoi qu'il en soit, le public verra, si Perrot d! Ablancourt est bien vangé, si A. d. L. H. est bien convaincu de ne pas parler François, et d'expliquer mal le Latin, et si Richelet, qui n'est qu'un Grammérien de la dernière classe, est une assez bonne caution pour garantir les traductions du premier, et un assez bon maître des langues françoise et latine, pour les aprendre au second. Mais je suspens mon jugement jusqu'à ce que j'aie vu cete belle apologie.
Je quite mes essais de Morale 5) (aussi-bien le second n'étoit-il pas fort avancé) pour travailler à une traduction exacte de Tacite, 6) à la quelle il y a déjà longtems que m'exhortent des personnes, qui ont fait connoissance avec cet historien dans le cabinet des Princes, et dans les Ambassades. Ce que je vous marque ici, pour montrer, que les gens d'État ne sont pas ici les dupes des Versions de d'Ablancourt, que je soutiens être celui de tous les traducteurs modernes qui a le plus imposé au public, et non seulement dans son Tacite, mais encore dans toutes ses autres versions.
Quant à l'Abbé de S. Real, dont vous doutiez que fût la letre qui vous fut adressée en 1685, je vous dirai, qu'après avoir été plusieurs mois à barguigner et à balancer entre la honte et le dépit, confessionis gloriam amplexus est, alégant pour excuse, qu'il y a été contraint par Mr. l'Archevêque de Paris, et autant le Sr. Morange, secrétaire de ce Prélat, d'avoir ajouté à sa letre, qui, à ce qu'il dit, étoit modeste et mesurée, les injures qui y sont répandues. Circonstances, que j'ai aprises d'un Magistrat chez qui le dit Abbé a de grandes habitudes.
Il est tems de finir, et je le fais en vous souhaitant toutes les récompenses et tous les honneurs que le public doit à votre éminent mérite, avec le tems d'en jouir en parfaite santé. Continuez-moi, s'il vous plaît, l'honneur de votre amitié, dont je ferai toujours ma principale gloire; et soiez bien persuadé, que je suis plus que personne de la République des Letres,
Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur