‹ Choix de la correspondance inédite de Pierre Baye, 1670-1706Chapitre 2 sur 77 · m» lu \'lr.mu> c · texte numérisé non relu

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directament, qui soie venu a ma connoissance, et même dans tous vos deux dernières livres « (16 avr. 1685). Cependant il obtint de l'amabilité de Bayle, que celui-ci insérât dans les Nouvelles*) deux mémoires anonymes ou » extraits impartiels « par l'auteur lui-même sur deux de ses ouvrages. Mais il ne fut pas content des remarques dont Bayle avait accompagné les extraits. »J'ay volû adiouster dans les observations que ie vous ay envoyé, le reproche que vous me faites sur ce que ie me suis trop estendû dans mes persécutions, mais vous, Monsr. , l'annoircy iusque a la plus haute offense que vous me scaurois faire, car il n'a rien que i'haisse plus dans ce Monde que la senteur de vangence, et cepandant vous m'appelles vendicatif positivement [tache d'encre] en vous contradisant en tout le reste que vos dites m'obliger« (26 mars 1686). »Dans tous les cours pour ou i'ay este, i'ay parlé de vous comme ie devois, et i'espere que vous en verres bien tost l'effects par quelque Ministre de France qui vient a la Haye, ie ne puis pas vous dire autre chose pour le présent mais dans 15 iours i'espere d'estre a Rotterdam« (9 juillet 1686). Les ennemis qu'il a laissés à Genève lui font toujours beaucoup de peine: il en nomme les principaux, »Bourlamacchi, Calandrin, et Turritin« ,**) les accablant d'injures grotesques. »Je ne scay parler de ces gents là en qualité de Chrestien, puisque ont fait des action des Diable et de Barbare contro de moy, car ont volû perdre l'Ame, le corps et les Biens de mes pauvres enfans Innocens, mais Dieu ne luy à pas fait la grâce que souhaitoit ces mangeurs des char humain, enfin sont des gens que croyoit le Diable et presche l'Evangile, et pendant que i'auray vie, ie ne croiray le contraire: tout ce que me fasche que sont des

*) Mars 1686, art. 9; juillet 1686, également art. 9. On y

retrouve quelques éloges tirés des propres lettres de Leti, arrangés avec un peu d'ironie par le rédacteur.

**) Comp. la lettre de F. Turrettini à B., dans ce recueil.

choses impossibles d'escrire dans vn volume« (2 sept. 1686). C'est la dernière lettre de L. à B. qui existe dans la Bibl. roy.; et on voit, dans ces paroles d'une lettre à Minutoli (18 févr. 1692, Oeuvr. div.), le vrai sentiment de Bayle touchant cet historien populaire: » C'est un Rhapsodeur et une plume tam ficti pravique tenax quam nuncia veri, à l'instar de la Renommée. Il a bien eu le courage dans son Teatro Belgico de dire que l'Escaut et le Rhin passent par Rotterdam^

Il faut encore ajouter deux mots sur les principes que j'ai suivis dans la publication de ce choix de la correspondance de Bayle. L'orthographe est celle des auteurs des lettres, mais l'accentuation et la ponctuation ont été modernisées. J'ai retranché bon nombre de passages qui me semblaient offrir moins d'intérêt, notamment dans les lettres de Du Rondel, Larroque et Bayle lui-même. La chronologie m'a fait assez de peine, et j'ai peur de n'avoir pas réussi toujours à la fixer. Dans les notes, j'ai voulu expliquer le plus souvent Bayle par Bayle, et l'on y trouvera ainsi à chaque pas des citations du Dictionnaire, des Nouvelles de la Rép. des Lettres etc. Là (et dans l'introduction) j'ai aussi pu faire usage des extraits que j'ai faits de quantité de lettres, qui ne méritaient point, à mon avis, d'être publiées complètement.

C'est la Fondation Carlsberg à Copenhague qui a rendu possible la publication de cet ouvrage, en m'accordant une subvention considérable, et je dois aux directeurs de l'institution une profonde reconnaissance. J'ai à remercier M. Chr. Bruun, conservateur-en-chef de la Bibliothèque royale, pour m'avoir fourni des renseignements bibliographiques et pour avoir fait incorporer à ladite Bibliothèque plusieurs ouvrages nouveaux, utiles à mes études. Mes amis et collègues MM. Weeke et Lange m'ont assisté de leurs conseils, et même de leurs recherches, pendant une maladie des yeux

qui a retardé la conclusion de mon travail; je les prie d'accepter ma gratitude sincère. J'ai également bien des obligations à MM. F. Buhl, professeur de théologie à l'université de Copenhague (maintenant nommé professeur à Leipsic), J.-L. Heiberg, recteur de collège, et S. Larsen, de la Bibliothèque de l'université de Copenhague, qui m'ont donné, avec beaucoup d'affabilité, des éclaircissements sur quelques points douteux. — M. Ch. Neergaard, du Musée des antiquités du Nord, m'a aidé à corriger les épreuves; toutefois, malgré nos soins, il s'est glissé dans ce volume quelques fautes d'impression, dont les principales se trouvent indiquées à la fin.

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