ISAAC BEAUSOBRE I
ses amis étoient surpris au dernier point de son mariage, puis qu'outre la répugnance qu'il auoit toujours témoignée pour cette condition, il leur auoit dit plusieurs fois, que son horoscope portoit qu'il épouseroit vne putain et qu'il auroit le Col coupé; que pour le r il feroit mentir le destin en ne se mariant jamais, mais que pour l'autre il ne pouuoit l'empescher.
Je ne sçay, si vous pourrés vous taire dans vos nouuelles au sujet de la Thèse des Minimes de Marseille 4). Ils n'attendront pas la mort du héros pour faire son Apothéose. Le Père Rapin luy auoit déjà donné de l'ineffable et de l'incompréhensible, dans le petit traité dont vous m'auez fait vn présent. Il en est de ces louanges outrées comme du faux sublime qui dégénère dans le puérile et le ridicule; yi-loïoi yàq
yaivovTcu vzqoç ypâç âvacpéçofisvoi 5), dit AristOte des
louanges des Dieux quand on les attribue aux hommes. Voyez, Monsieur, comme on fait ces remarques selon le tems. I'aurois passé cent fois les yeux sur ce mot sans y prendre garde, mais venant de lire l'inscription profane des Thèses, le fus frapé de cet endroit que je trouuay au 12. chap. du r liure de la morale, examinant ce que ce Philosofe auoit dit du souuerain bien.
Au reste, Monsieur, le n'ay pas dessein de vous fatiguer par des lettres trop fréquentes et fort inutiles, quoy que j'aye la commodité de les enuoyer jusques à la Haye sans qu'elles coûtent à mes amis. C'est les acheter trop cher que de prendre la pêne de les lire, et quelque fois peutêtre celle d'y répondre. C'est pourquoy, Monsieur, je vous prie de me croire sur le témoignage de cette lettre, comme sur celuy de mille autres, plein d'estime et de considération pour vous,
mais de la plus forte et de la plus parfaitte; et, pour finir à l'ordinaire, c'est, Monsieur, que je suis très passioné votre très humble et très obéissant seruiteur