Juillet
Vous avez fort bien fait, Monsieur, de répondre afirmativement à la question touchant le mémoire à insérer dans mon dictionaire au suiet du p. Serroni Archev. d'Albi '). Mais ie dois vous dire, que i'ai un mémoire là dessus, ample et exact, qui me fut envoie au commencement de l'an 1687, et dont i'insérai un abrégé dans mes nouvelles de la Rép. des lettres. Il y a long tems que i'ai dressé un article de cet Archevêque d'Albi, seulement pour renvoier à cet endroit de mes nouvelles, car je n'eusse peu tirer du mémoire que i'avois reçu, que les mêmes faits historiques que i'avois déjà publiez. Si le nouveau mémoire contient plus de particularitez que le précédent, i'allongerois
d'autant mon article. Je ne doute point que la nouvelle édition de Moréri ne soit enrichie d'un long article de ce prélat, et en ce cas là il ne me paroît pas nécessaire que ie m'y [mette], car personne n'a mon dictionnaire qui n'ait aussi Moréri, ainsi ie m'abstiens de tout ce que Moréri contient.
Vous m'avez marqué la page 156 du Parrhasiana2) comme contenant une inadvertance insigne. Je l'ai consultée et n'y ai rien vu qu'un exemple de la bonne foy de Polybe. Je n'ai pas vérifié si Polybe dit ce qu'on lui attribue et je ne croi pas que ce soit par là que vous aiez surpris en faute l'auteur; ie m'imagine que vous avez pris une page pour une autre. Éclaircissez m'en, ie vous prie.
Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de livres faites ex professo par les Jésuites contre les droits des Rois; ils ont débité leurs principes là dessus ou dans des ouvrages sur la puissance du pape, ou dans des livres qui traitoient toutes sortes de questions, et en son rang celle du devoir des suiets qui vivent sous des Princes hérétiques ou tyrans. Celui qui a le plus nettement parlé là dessus est Mariana dans son livre de Régis institutione *). Je ne parle pas du Jésuite Guignard 4) qui fut pendu à Paris et dans le cabinet duquel on trouva un Manuscrit qu'il avoit composé pour prouuer, qu'on peut se défaire d'un Roi persécuteur de la foi ou suspect d'hérésie etc. Vous savez le bruit qu'on fit vers l'an 1626, contre les thèses de Santarel t>). Vous savez aussi, qu'environ l'an 16 10 et 161 1 on condamna les Ecrits de Bellarmin 6) contre Daulai, celui de Deran ?), où la souveraineté indépendante des Rois étoit combatue. Suarez 8) a fait un livre aussi outré qu'il s'en puisse voir, sur la puissance
A GRAEVIUS I I }
du pape à délier les suiets du serment de fidélité. Emanuel Sa 9), Grégoire de Valence10), Lessius") et plusieurs autres Jésuites décident nettement, qu'un prince légitime, mais qui règne tyranniquement, peut être déposé et destitué, et que les États aiant prononcé sentence de déposition, un particulier, et non avant cela, peut attenter à la vie de ce prince. Si j'avois plus de loisir aujourd'hui que ie n'en ai, ie vous pouuois marquer plus d'auteurs. Il n'y en a guère qui se soit mieux expliqué là dessus, que le Jésuite Scribani I2) dans son Amphitheatrum honoris; vous savez l'embaras où l'a mis le père Coton '?).
J'ay trouvé diversité de sentimens sur la patrie de Fernel'4); les uns veulent que ce soit Amiens, les autres un bien au voisinage d'Amiens. Voilà pourquoi i'ai dit seulement qu'il étoit de Picardie.
Je suis bien confus de n'avoir pu encore vous envoier la lettre que toutes sortes de raisons m'engagent d'écrire à Monsieur l'Abbé de Camps '5). Je m'en aquitterai au plutôt.
Voici une liste de médailles qui se vendront ici dans quelques jours.
A GRAEVIUS.
Amplissime vir:
Aequo aenimo feras, si tibi molestus fuerim: duo sunt quœ abs te quod Tuo commodo fiât scire velim. Narrabat nuper Dom. de Beauval ') audivisse abs te,
falsum esse quod ego dixi in meo lexico, nullum extare librum continentem contumelias quas in se invicem publicarunt Clar. Theologi Gisbertus Voetius et Samuel Maresius 2). Moneas me, si placet, de iis quae talem collectionem convitiorum spectant. Velis quoque inspicere paginam 33 et 449 epistolarum Jo. Valentini Andréa? (quo libro per Te usus sum diu), ut certiorem me facias, an ibi fiât mentio libri egregii de republica Christiana vulgati ab Joanne Mariana 161 5, et an ille idem sit ac Jesuita Mariana '). Ne vero molestia rescribendi Tibi incumbat, sufficiet viva voce respondere Dom. Placet qui hasce tibi tradet. Ignoscas istis importunis meis precibus, et me ad omnia obsequia Tibi addictissimum benevolentiae tuae ama prosequere.
BAYLE
Dabam Rotterodami 5. Oct. 1700.
Vir summe:
Gratissimo animo accepi tuas literas novissimas, una cum Magliabecchianis '). Illud vero quam maxime gaudio me affecit, quod cognoverim prosperam tuam valetudinem, per quam Tibi iicet tribus simul operibus invigilare, cuilibet immortalitate dignissimo. Ego intérim, postquam sub finem anni superioris ultimam
manum imposui secundae editioni mei Lexici, nihil fere ago, et tantum non otio desidiaeque me totum trado, sed post aliquot mensium relaxationem , ubi ver adoleverit, iterum me tradam studiis, et ea quidem lege, ut opinor, ut quae iam usu mihi faciliora sunt reddita, tractem, nimirum supplementum lexici. Sedulus inquisivi, num hac in urbe globi terrestris et coelestis, quales designasti, comparari possint, et frustra fuit mea quaecunque cura. Leersius noster, qui te reverenter admodum salutat, non crédit posse reperiri alibi promptius quam Amstelodami apud quemdam Gallum cui nomen la Feuille 2). Sunt aliquando privati homines, qui taies globos haereditate quaesitos et sibi inutiles vendunt libenter, quod etiam contingit in auctione bibliothecarum vel suppellectilis domesticae. Hac via fortasse satisfieri posset promptius viro i 11 ï Illustri quam in officinis mercatorum.
Scripsit mihi nuper Dom. Simon Valhebertius audivisse se adornari in istis regionibus novam Theocriti Heinsii 5) (sic ille loquitur) editionem; se vero habere notas manuscriptas in eum poetam, nunquam éditas et compositas à viro quodam praedocto et Critices prope gnaro, quas libenter communicaret editori; qua de re ut moneam rogat. Nemo Te melius novit, quid moliantur ejuscemodi typographi. Itaque satis superque vota Simonis illius perficio, si Tibi eius mentem aperiem. Vale plurimum, Vir magne, et me amicitia tua cohone-
stare pergito qui
ad omnia Tibi sum
devinctissimus
BAYLE
Dabam Roterodami die