Voy. l'Appendice, n° III
Kammouva dont parle Pauline Je lui ai donné, avec une vive reconnaissance, une note détaillée du manuscrit, et j'y ai ajouté quelques renseignements sur d'autres manuscrits importants que l'on pourrait obtenir en même temps; car, si l'on en demande un, par quelle raison n'en demanderait-on pas deux, ou trois, ou quatre? Peut-être M. Rémusat ne vous aurat-il pas parlé de cela ; il peut avoir pour vous le taire des raisons de convenance ; aussi je vous serais obligé de ne pas lui dire que je vous l'ai dit.
Au reste, mon cher fellow student, je vous serais bien reconnaissant de m'écrire si vous faites quelques découvertes; mais vous comprenez les raisons que j'ai à vous engager à finir ce qui peut vous rester à faire du Ramâyana ; nous serons bien plus libres de travailler à mon retour, qui aura lieu avant la fin de ce mois-ci. Je serais très heureux de recevoir de vous une lettre, si vous avez le temps de l'écrire.
Donnez-moi des nouvelles de M. Rémusat, auquel je vous prierai de présenter mes respects très humbles, et surtout du colérique Mahâgourou Dotichmanta Chesysoûnouh.
Excusez, Monsieur Lassen, la liberté que je prends de vous déranger par mon épître inutile ; mais attribuez-la à l'amitié sincère que je vous porte.
Votre dévoué serviteur,
Je lis dans mes moments perdus l'histoire de nos
1. Le Père Paulin de Saint-Barthélémy (1748-1806), missionnaire à Malabar, avait rapporte à Rome des manuscrits très précieux pour l'histoire et la littérature de l'Inde.
communs compatriotes, les Normands. Car, si vous êtes fils de Swen, fils de Sweyn, fils de Thor, je suis fils de la vieille terre anglo-normande ; nous sommes donc compatriotes.
Mon adresse est : Meaux, rue de la Boucherie, 7, chez M. Frignet (Seine-et-Marne) ^
A M. F. Bopp^, à Londres.
Paris, 14 novembre 1825.
Monsieur,
Mon père, qui avait le plus vif désir de vous répondre tout de suite, ne le pouvant pas en ce moment, me charge de remplir auprès de vous ce devoir qui lui est si agréable, et se réserve le plaisir de l'accomplir dans un temps assez prochain ; mais il n'a pas voulu que l'expression de son amitié et de sa reconnaissance pour votre aimable lettre tardât davantage, et il m'a chargé de vous la communiquer en attendant qu'il le puisse faire lui-même. Il n'a pas encore reçu la seconde livraison de votre admirable Grammaire, travail excellent, que l'on ne peut assez louer et auquel on devra
1. En 1825, Eugène Burnouf n'avait pas voyagé avec son père, comme ils le faisaient tous les ans pendant lés vacances. Il était allé seulement passer trois semaines à Meaux, chez le père d'un de ses condisciples, M. Frignet, ancien Directeur des Contributions sous l'Empire.