‹ Choix de lettres d'Eugene Burnouf, 1825-1852. Suivi d'une bibliographieChapitre 71 sur 86 · Le Bhâgavata Purâna · texte numérisé non relu

Le Bhâgavata Purâna

2. Le n» XXII avait été affecté primitivement aux deux billets qui forment ci-dessus le n° XXI.

l'Introduction de cet admirable ouvrage, — et déjà vous êtes occupé d'autres opéra phidiaca qui réjouiront et instruiront les contemporains et la postérité. — Moi, pauvre, je ne peux vous annoncer que deux livraisons de la Symbolique^ la 2^ et la 3® du tome II, que vous recevrez en février. Mais vous êtes déjà accoutumé à envoyer à vos amis xpuasa ^aXitsiwv.

Puissiez-vous pendant cette nouvelle année jouir d^une bonne santé î Votre ami M. Lajard peut vous raconter quelle triste année ^1840 a été pour moi.

Ne vous étonnez pas si, dans ma vieillesse, je plie peu à peu mes ailes ; mais soyez convaincu que je suis toujours heureux de voir voler plus haut les jeunes aigles.

Votre respectueux et reconnaissant

Fr. Greuzer.

Heidelberg, 18 octobre 1841.

Très honoré Monsieur et ami,

J'ai été très heureux de recevoir des mains de M. Egger une lettre de vous et en même temps effrayé à la vue de sa bordure noire.

Une mort subite vous a donc enlevé, à vous Madame votre mère, et à Monsieur votre père, au seuil de la vieillesse, la fidèle compagne de sa vie! Soyez persuadé, cher confrère, de ma plus chaude sympathie pour cette grande perte et dites aussi à votre digne père que je sens très vivement ce qu'il a perdu et ce qu'il a à pleurer.

Je vous aurais écrit pour vous offrir mes condoléances si je n'en avais pas été empêché par beaucoup d'affaires lors du départ de M. Egger. Au commencement des vacances, je suis allé faire un voyage de délassement. Mon absence m'a même privé du plaisir de renouveler ici la connaissance personnelle de M. Jomard. Vous m'obhgeriez beaucoup si vous vouliez bien, à l'occasion, lui exprimer mon regret et le saluer de ma part.

Puissiez-vous voir quel cas immense je fais de vos travaux dans ce fait que, étant bien vieux et voulant en assurer la pos-

session à notre Université d'Heidelberg, j'ai déposé les exemplaires dont vous m'avez honoré à notre Bibliothèque publique ! Que Dieu veuille vous accorder, à vous qui êtes encore si jeune, de longues années de force et de santé pour étendre encore plus loin le cercle de vos immortels travaux !

Vous recevrez vers la fin de Tannée, par notre ami Guigniaut, deux livraisons de la Symbolique^ pour lesquelles je réclame de vous un accueil bienveillant.

En vous remerciant encore une fois de m'avoir procuré la connaissance du savant et spirituel M. Egger, et en vous priant de me conserver votre amitié, je suis avec considération,

Votre tout dévoué serviteur,

Fr. Ceeczer.

Lettre de Schelling ^ a Eugène Burnouf.

Munich, 25 juin 1841.

Monsieur et illustre confrère,

Ce n'est que dans les premiers jours de cette année que j'ai reçu votre aimable lettre du 26 octobre de Pannée dernière, ainsi que le premier volume du Bhâgavala Purdna, que vous avez bien voulu me destiner. Depuis ce temps, j'ai encore laissé s'écouler six mois sans vous répondre. Vis-à-vis d'un ouvrage aussi distingué, quelques phrases banales ne m^auraient pas suffi-, je tardai d'en parler avant d'avoir lu au moins la préface, dont je devinais l'importance; mais le temps me manquait absolument pour cette lecture ; c'est aujourd'hui seulement que je me vois en état de vous dire combien je suis de nouveau pénétré d'admiration pour l'étendue et la profondeur de votre esprit et de vos recherches, et combien vos discussions ont servi à m'éclairer et, en même temps, à me confirmer dans quelques idées que je

1. L'illustre philosophe Schelling, né en 1775 à Leouberg, dans le Wurtemberg, mort en 1854 aux bains de Ragatz, en Suisse.

m'étais formées en conséquence de vues générales, par exemple sur l'âge des Purânas. Je regarde surtout comme un résultat du plus haut intérêt ce que vous dites sur la doctrine de la foi et de la dévotion, que vous jugez de beaucoup postérieure à la doctrine védique des œuvres. Il est donc vrai que IMnde aussi avait, ou bien a encore, son Vieux et son Nouveau Testament.

Le bel exemplaire du Bhâgavata Purdna^ que je dois à votre intercession, sera toujours pour moi un monument précieux de votre amitié. J'ose vous prier de vouloir bien aussi être mon interprète auprès de S. Exe. M. le Garde des sceaux, à la décision duquel je dois la possession de ce chef-d'œuvre de la typographie française, preuve éclatante de la manière dont elle aussi sait honorer des travaux et des études tels que les vôtres.

Je vous écris ces lignes au moment des arrangements que j'ai à prendre pour me transporter à Berlin, où je pense passer au moins un an sans quitter définitivement la Bavière et le midi de l'Allemagne.

Je vous prie de compter toujours sur ma profonde estime et une amitié sincère que je vous ai vouée depuis longtemps et avec laquelle je ne cesserai jamais d'être, Monsieur,

Votre très humble et tout à fait dévoué serviteur,

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