‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 120 sur 547 · Oui, si elles sont naturelles ou Décessaires · texte numérisé non relu

Oui, si elles sont naturelles ou Décessaires

3. « Du théio-e françois l'honneur et lu merveille, j| Il sut ressusciter

Sophocle en ses écrits; || Et dam l'art tl'enchanler les cœurs et lei esprits, || Surpasser Buripi'le et lia laucer Corneille. *

délicatesse, plus de bienséance dans nos mœurs, et plus de finesse dans notre goût. Laissez-nous notre théâtre, laissez aux Italiens leurs favvle boscareccie * ; vous êtes assez riches d'ailleurs.

De très-mauvaises pièces, il est vrai, ridiculement intriguées, barbarement écrites, ont pendant quelque temps k Paris des succès prodigieux, soutenus par la cabale, l'esprit de parti, la mode, la protection passagère de quelques personnes accréditées. C'est l'ivresse du moment; mais en très peu d'années l'illusion se dissipe. Don Japhet d'Arménie et Jodelet* sont renvoyés à la populace, et le Siège de Calais^ n'est plus estimé qu'à Calais.

Il faut que je vous dise encore un mot sur la rime que vous nous reprochez. Presque toutes les pièces de Dryden sont rimées : c'est une difficulté de plus. Les vers qu'on retient de lui, et que tout le monde cite, sont rimes; et je soutiens encore que Cinna, Athalie, Phèdre, Iphigénie, étant rimées, quiconque voudrait secouer ce joug, en France, serait regardé comme un artiste faible qui n'aurait pas la force de le porter.

En qualité de vieillard, je vous dirai une anecdocte. Je demandais un jour à Pope pourquoi Mil ton n'avait pas rimé son poème, dans le temps que les autres poètes rimaient leurs poèmes, à l'imitation des Italiens ; il me répondit • Because he could not*.

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