‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 125 sur 547 · LA STATUE DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

LA STATUE DE VOLTAIRE

A Madame Necker.

Ferney, 19 juin 4770.

Quand les gens de mon village ont vu Pigalle déployer quelques instrumens de son art : Tiens, tiens, disaient-ils,

1. Pigalle (1714-1785) émit depuis longtemps illustre. Il avait lait le tombeau du maréchal de Sa\e, Son Voltaire est aujourd'iiui à la bi-

bliothèque de l'Institut : il eut l 'étrange idée de le faire presijue nu, à l'unfique. C'était Diderot qui lui en avait donné le conseil.

VOLTAIRE

on va le disséquer; cela sera drôle. C'est ainsi» madame, vous le savez, que tout spectacle amuse les hommes; on va également aux marionnettes, au feu de la Saint-Jean, à rOpéra-Comique, à la grand'messe, à un enterrement. Ma statue fera sourire quelques philosophes, et renfrognera les sourcils éprouvés de quelque coquin d'hypocrite ou de quelque polisson de folliculaire : vanité des vanités !

Mais tout n'est pas vanité; ma tendre reconnaissance pour mes amis et surtout pour vous, madame, n'est pas vanité.

Mille tendres obéissances à M. Necker.

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