I. - A PROPOS D'HÉRACLIUS
A MONSIEUH LE DDC DE KlCHELlEO.
Paris, avril 1735.
J'ai été à Aben-Saïd^. La folie du parterre pour celte pièce ne peut être comparée qu'à celle du parterre de l'Opéra pour Mlle Le Breton, Pour moi, je crois que c'est une ( harilé du public pour l'auteur, cela va faire éclore toutes les mauvaises pièces qui n'osaient se montrer au grand jour; je suis fâchée de vous dire qu'il y a beaucoup d'incidens, mais presque autant d'intérêts diiïérens. Assurément Héraclins n'est point dans ce goût-là. Je n'ai jamais trouvé Corneille si sublime; il a étonné mon àme : le sentiment de l'admiration est si rarement excité qu'il me semble que '.st un de ceux qui me fait le plus grand plaisir*. Je ne
1. Méctianle tragédie de l'abbé j 2. Incorrection fn-quciilc alors: [.ehlanc, l'auteur des Lettres sur j le pluriel serait plus réfrulier. — les Anglait. | Noto^ ce trait de cara< 1ère.
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désespère pas, si Voltaire soutient ce qu*il vous a dit, que nous ne soyons brouillés deux ou trois heures à Cirey sur Héraclius.... Ah! que je suis bien de votre avis. Je ne crois point qu'une suite de bôautés médiocres soient la monnaie d'une pensée. Il y a du sentiment dans le sublime des vers de Maurice^ que vous citez; c'est en même temps le sublime du cœur et de l'esprit, et Racine n'a pas assurément la monnaie de cela*. Vous voyez bien, par ce que je viens de vous dire de Voltaire, que le goût, la complaisance, ni mémo la supériorité, n'entrahient pas mon sentiment; ainsi j'ai le mérite d'avoir pensé comme vous en son entier, et j'en suis ialouse.