‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 148 sur 547 · D;iiis {'Esprit de contradiction (le Dufresnoy · texte numérisé non relu

D;iiis {'Esprit de contradiction (le Dufresnoy

2. Celle lellre nest pas du même ton que les précédentes. Une scène épouvantable avait eu lieu, dont la pauvre femme fut malade pendant quelques jours, et resta pour jamais dé>enchanléc des plaisirs de Cirey. M»» du Chiklelet et Voltaire l'avaient accusée d'avoir envoyé en

Lorraine un ouvrage qui devait rester caché : elle fut menacée, malmenée: et les excuses qu'on lui fit en>uite ne lui firent pas oublier les dures émotions par lesquelles elle avait passé, avant de pouvoir se justifier.

3. M»» du Châlelet étudiait les niatbénjatiques et la physique.

■4. M»« de Champbonin.

un morceau à cinq heures du soir, mais sur son secrétaire, et encore bien rarement.

D'un autre côté, quand Athii^ prend sur lui de quitter son travail un demi-quart d'heure dans la journée pour faire sa visite à moi et à la grosse dame, il ne s'assied point et dit : « Que c'est une chose atTreuse que le temps qu'on perd à parler; qu'on ne devrait pas perdre une minute; que la plus grande dépense que l'on puisse faire est celle du temps. » C'est là l'oraison des trente jours. On arrive pour souper, il est à son secrétaire ; on a soupe à moitié quand il le quitte, et il faut l'arracher pour l'empêcher de s'y remettre en sortant de table. Il se bat les flancs pour dire quelques mots pendant le repas, et l'on voit que c'est par pure politesse, car son esprit est bien loin. Voilà le train depuis le départ du frère*; notez qu'il n'a été que huit jours ici. Trouves-tu cette vie amusante? Ah! ce n'était pas pour rien que je mandais au petit saint*^ vivent les sots! D'ailleurs Athis est le plus malheureux homme du monde ; il sait tout ce qu'il vaut et l'approbation lui est presque indifférente; mais par la même raison*, un mot de ses adversaires le met ce qui s'appelle au désespoir : c'est la seule chose qui l'occupe, et qui le noie dans l'amertume. Je ne puis vous donner l'idée de cette sottise, qu'en vous disant qu'elle est plus forte et plus misérable que son esprit n'est grand et étendu. Joignez à cela qu'il a des vapeurs dont il ne veut pas entendre parler, que ses jalousies lui en donnent, Dieu sait, et puis qu'il se croit à la mort. Il se drogue sans cesse : il s'est fourré dans la tête qu'il ne fallait pas manger, et il meurt de faim. Jugez du bonheur de ces gens que nous croyons avoir atteint à la félicité suprême! Les querelles que je vous ai mandées dans le commencement vont leur train, jugez encore! Cela me fait mal, parce que je sens le prix de toutes ses bonnes qualités, et que réelle-

1. Voltaire. Elle prenait fies précautions depuis qu'i;ilc avait vu qu'on dficachetait ses lettres.

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