Cette lettre est donc de
ie ne sais ce que Maigeon reprochait à Voltaire. Peut-être cette lettre doit-elle se rattacher à une courte polémique qui s'éleva entre Voltaire et les athées dont la hardiesse l'eflrayait. Voltaire avait plusieurs lois combattu et critiqué le livre de d'Holbach : Le Roy (l'ami <'c Diderot cf. p. 255, n. 1) qui
y avait eu part, publia en 1772 des Réflexions sur la jalousie, que Voltaire attribua un moment à Diderot, et auxquelles il répondit par sa Lettre sur un écrit anonyme. Une phrase de ce pamphlet 'rise l'auteur de Système de la nature (d'Holbach) et se» trois fauleurs qui ne peuvent être que Diderot, Le Roy, et Naigeon. li se peut que Naigeon ait eu l'idée d'intervenir dans le débat cl de venger l'athéisme et les athées doi attaques de Voltaire. La natu»"» des reproches que lui fait Naigeon, identiques à ceux de Le Roy, sem»
ble justifier cette hyix'ilKVc.
JEAN-JACQUES ROUSSEAU
la fange, jusqu'à ce qu'il disparaisse ! Ah ! monsieur, ce n'est pas là voire dernier mot.
Un jour, cet homme sera bien grand, et ses détracteurs bien petits.
Pour moi, si j'avais l'éponge qui pût le nettoyer, j'irais bien lui tendre la main, je le tirerais de son bourbier et le nettoierais. J'en userais à son égard comme l'antiquaire avec un bronzé souillé. Je le décrasserais avec le plus grand ménagement pour la délicatesse du travail et des formes précieuses. Je lui restituerais son éclat, et je l'exposerais pur à votre admiration.
Bonjour, nous penserons diversement, mais nous ne nous en aimerons pas moins.
E facera ogn'wio al suo $enno *.
JEAN-JACQUES ROUSSEAU
La Corretpondance de Jean-Jacques Rousseau, bien que considérable, n'ajoute pas grand'chose à l'idée que nous eai avons. Elle sert à fixer certains points de sa biographie"; elle fournil quelques-unes des plus belles pages qu'il ait écrites. Mais Rousseau est tout entier dans ses fameux chefs-d'œuvre, les Confessions^ VÉmile^ la Nouvelle Héloïse, le Contrat social : aucun trait de son caractère, aucune qualité de son génie n'y reste dans l'ombre, et l'on n'a jamais besoin de recourir à la Correspondance pour les mettre en lumière. C'est que d'abord Rousseau est, comme la dit si justement M. Brunelière, un lyrique, le maître et le premier de nos lyriques modernes : tous ses écrits, qu'il s'agisse de phn losophie, de morale, d'éducation, de politique, ses systèmes, se» raisonnements, ses récits, ne sont au fond que ses états d'àme qu'il décrit. Toutes ses idées sont. des sensations, des passions.
1 Kl cliacon fera à sa guiïC.
-2. Œuvres, édil. Lefèvre, t. VII ol Tlll. Les quatre lettres à M. de Malesherbes sont au t. I, à la suilc des Confesssions. — Cf. Faguet,
XVlII' Sircle, cl, sur les raf-porf:
(le Jeaii-Jacques avec VoH.iirc, Brunelière, Reiuie ries Deux Mon- (les, 1" juillet 18SG.