‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 204 sur 547 · L'EDUCATION GENEVOISE · texte numérisé non relu

L'EDUCATION GENEVOISE

A MONSIEOR LE DOCTEUR TrONCHIN*

A Montmorency, le 29 novembre 1758.

Votre lettre. Monsieur, m'aurait fait grand plaisir en tout temps, et m'en fait surtout aujourd'hui, car j'y vois qu'ayant jugé l'absent sans l'entendre*, vous ne l'avez pas jugé tout à fait aussi sévèrement qu'on me l'avait dit. Plus je suis indifférent sur les jugemens du public, moins je le suis sur ceux des hommes de votre ordre ; mais quoique j'aspire à mériter l'estime des honnêtes gens, je ne sais mendier celle de personne, et j'avoue que c'est la chose du monde la moins importante que d'.être juste ou injuste envers moi,

Je ne doutais pas que vous ne fussiez de mon avis, ou plutôt que je ne fusse du vôtre, sur la proposition de M. d'Alembert*; et je suis charmé que vous ayez bleu voulu confirmer vous-même cette opinion. 11 y aura du malheur, si votre sagesse et votre crédit n'empêchent pas la comédie de s'étabhr à Genève, et de se maintenir à nos portes '*.

1. Souvenir de l'Odyssée. Le lolos fit oublier leur pairie aux compagnons d'Ulysse, et le moly rendait impuissants les enchantements de Circé.

i. Cf. p. 15:^, n. 1.

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