In paysa^re, disait Amiel, est mi état d'âme
i. MdiiUuinons : lermo du diii- \vA-U\ local. VoyftJt dans los Ix'ilrfin à d'AlrmOerf, Ips souvenirs de jcunrssc (ju'il évoquiî, et la peilitiire des itunurs d<! coite popululiort digne de l'âge d'or.
JEAN-JACQUES ROUSSEAU. 295
ringt ans, je les trouve beaucoup vieillis. On regrette l«! l»on temps d'autrefois; je crois bien : nous attribuons aux choses tout le chaudement qui s'est fait en nous; et lorsque le plaisir nous quitte, nous croyons qu'il n'est plus mille part. D'autres voient les choses comme nous les avons vues, et les verront comme nous les voyons aujourd'hui. Mais ce sont des descriptions que vous me demandez, non des réflexions, et les miennes m'entraînent comme un vieux enfant qui regrette encore ses anciens jeux. Les diverses impressions que ce pays a faites sur moi à diflërens âges me font conclure que nos relations se rapportent toujours plus à nous qu'aux choses, et que, comme nous décrivons bien plus ce que nous sentons que ce qui est, il faudrait savoir comment était afl'ecté l'auteur d'un voyage en l'écrivant, pour juger de combien ses peintures sont audeçà ou au-delà du vrai. Sur ce principe, ne vous étonnez pas de voir devenir aride et froid, sous ma plume, un pays jadis si verdoyant, si riant, à mon gré. Vous sentirez trop aisément dans ma lettre en quel temps de ma vie et en quelle saison de l'année elle a été écrite.