Treize ans
de choix, continue à vous traiter avec plus d'égards et de raénagemens qu'un nouveau venu comme moi, qui n'ai jamais rien obtenu d'elle qu'à force de la tourmenter? Vous pouvez en juger, monsieur, puisque vous avez eu la patience de parcourir ces mémoires arides de physique qui servent de preuves à mon Traité des élémens^; et vous n'en êtes pas quitte, car je vous demande la permission de vous envoyer un autre volume qui va bientôt paraître et qui fait suite au premier. Si je jouissais d'une meilleure santé, je vous proteste, monsieur, que je n'attendrais pas votre visite à Montbard, et que j'irais avec empressement vous porter le tribut de ma vénération ; j'arriverais à Dieu par ses saints. M. et Mme de Florian», habitués dans le temple, me serviraient d'introducteurs. Je vais nourrir cette agréable espérance par le plaisir nouveau des sentimens d'estime que que vous me témoignez. Depuis que je me connais, vous avez toute la mienne; mais elle ne fait qu'un grain sur la masse immense de gloire qui vous environne, au lieu que la vôtre, monsieur, est un diamant du plus haut prix oour moi».
J'ai l'honneur d'être, avec autant de respect que d'admiration, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
BUPFON.
l.GueneaudeMoQlbeillarci s'était entremis entre Voltaire et Buffon, et M"' de Florian, porta à Ferney la note dont il est question plus haut, avec un exemplaire de la grande édition de l'Histoire naturelle.
2. Ce n'est pas l'auteur des Fables à' Estelle et Némorin, mais son
oncle, qui avait épousé M** de Fontaine, nièce de Voltaire.
3. En dépit de ces compliments un peu lourds, Buffon n'eut jamais de relations très cordiale» avec Voltaire, qui appelait lui-même leur réconciliation un raccommodeigt mal blanchi
LE COMTE DE BlIFFON 515