‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 234 sur 547 · Les paysans · texte numérisé non relu

Les paysans

3. Le marquis estimait fort Rousseau (cf. p. 501), et i sa mort il te rej^retta en termes éloquents :

< Celui-ci était vraiment un homme de taleut et de génie et nous perdons le plus grand harmoniste de notre langue.... Quel dommage qu'une àme transcendante et noble comme celle de Rousseau ait pourtant si peu tiré parti d'elle-même pour son propre bien et pour celui il'- autres! pour avoir youIu philo- -n[ibicailler, marcher sur sa tét«,

et être son propre appui.... Ce fut un homme singulièrement doué, funeste peut-être pour quelques pauvres tètes..., mais à bien des égards estimable et même édifiant. • Mais quelques années plus tard, reconnaissant dans son lUs enfermé à Vinceunes la trace des idées lie Rousseau, le marquis r»* battit de son estime pour celui-ci.

' • Trois ou quatre fols, écrivait-il, tels que Diderot, Dalembcrt, Rou^ seau ou autres bonimeb de paille, habillés de clinquant, dont la bibliothèque est l'inventaire de la tour de Babel, et qui, la pluiiart

disais-je, qui Venverrait^ toi et ton système, copier de la musique chez ces gens-là, aurait bien durement répondu à ton discourr! Mais par contre-coup, ces pensées étaient consolant*^s, pour un iioinme qui a consacré toute sa vie à prêcher la nécessité du soulagement du pauvre, et de l'instruction générale; et à désigner, en même temps, ce qu'elle doit être, pour former la seule barrière possible entre l'oppression et la révolte, le seul mais infaillible traité de paix entre la force et la faiblesse. Ah ! Madame ! le colin-maillard, poussé trop loin, finira par la culbute générale.

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