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LETTRES DU mX-HUiTIEME SIÈCLE.
nature, j'en conviens, mais telles étaient les Romaines ; et presque toutes les grandes actions des Romains étaient le résultat de senlimens et de raisonnemens qui s'éloignaient du vrai. Il n'y a peut-être que l'amour qui soit une passion naturelle, et c'est presque la seule que Racine ait peinte et rendue, et presque toujours à la manière française*. Son style est enchanteur et continûment admirable. Corneille n'a, comme vous dites, que des éclairs; mais qui enlèvent et qui font que, malgré l'énormité de ses défauts, on a pour lui du respect et de la vénération. Il faut être bien téméraire pour oser vous dire si librement son avis. Ua^is permettezmoi de n'en pas rester là, et souffrez que je vous juge ainsi que ces deux grands hommes. Vous avez la variété de Corneille, l'excellence du goût de Racine, et un style qui vous rend préférable à tous les deux, parce qu'il n'est ni ampoulé, ni sophistiqué, ni monotone; enfin vous êtes pour moi ce qu'était pour l'abbé Pellegrîn sa Pélopée^.
Adieu, monsieur, soyez persuadé que personne n'est à ▼ous aussi parfaitement que moi.