Sur le Commenlaire
être en même temps si dépourvu de goût. Ce ne sont point les choses basses et familières qui mo surprennent et qui me choquent, je les attribue au peu de connaissance qu'il avait du monde et de ses usages; mais c'est la manière Jont il tourne et retourne la même pensée, qui est bien Cf)ntraire au génie, et qui est presque toujours la marque d'un petit esprit». Vous devriez bien m'envoyer toutes les (lioses que vous faites, je ne les ai jamais qu'après tout le monde.
4. — JUGEMENT SUR CORNEILLE ET RACINE A Monsieur db Voltaire.
Paris, 18 juillet 1Î64.
Vous vous trouvez peut-être fort bien de l'interruption de notre correspondance; mais ne m'en faites jamais l'aveu, je vous prie. Je n'ai point de plus sensible plaisir que de recevoir vos lettres ni d'occupations plus agréables que d'y répondre; je sais bien que le marché n'est point égal entre nous, mais qu'est-ce que cela fait? ce n'est point à vous à compter rie à rie.
Je vous en demande très-humblement pardon, mais je vous trouve un peu injuste avec Corneille». Je conviens de tous les défauts que vous lui reprochez, excepté quand vous dites qu'il ne peint jamais la nature. Convenez, du moins qu'il la peint suivant ce que l'éducation et les mœurs du pays peuvent l'embellir ou la détigurer», et qu'il n'y a point dans ses personnages l'uniformité qu'on trouve dans presque toutes les pièces de Kacine. Cornélie est plus grande que
1. Voilà un mot ficheux pour M"* Du Deiïand. Mais quand elle aura aclievé »» lecture, ia justesse oalurelle de md e&prit lui fera mieux juger Corneille. Voy. U lettre Miiviuito.
tî Toujours dans le Commcn- ! Il'- ;i raison.
5. M** Du DelTand croit avec le public du XVII* et (tu xvMi* s. à la vérité historique «le la lraçé<lie de Corneille, on doit [ilulôl y chercher U pf'inturedela FrancedeHichclieu et de Maiarin, de la gènéi-ation qui occufia la scène poUtiqu« de 1630 àiâfiO.