LE MARÉCHAL DE SAXE
Voilà, mon cher fils, les premières pensées qui me sont Tenues à l'esprit sur ce sujet. Mais comme je suis persuadé que vous entrerez de vous-même dans ces sentimens, vou? ferei fort bien de les imprimer à ceux à qui vous pourrez parler sûrement. Le plus grand service que l'on puisse rendre à l'État et au Parlement, est de ne point porter les choses à l'extrême. Je voudrais, en un sens, être à portée de pouvoir agir des deux côtés dans cet esprit ; mais 1« plus sûr est de ne point s'imaginer qu'on puisse faire mieui que les autres, et d'attendre les momens et les ordres de la Providence. Je me réduis donc bien volontiers à servi"l'État par mes vœux : c'est le parti le plus doux et le moins embarrassant. Pour vous, mon cher fils, vous n'avez rien de personnel à ceci qui vous regarde; mais ce que vou* pouvez faire de mieux, est de vous entendre parfaitement avec M. le procureur général, qui est plus en état que personne de servir le Parlement dans cette occasion*. M. de Voisins* a très bien parlé; c'est un témoignage que tout le monde lui rend : mais je crois l'autre tête bien plus sûre quand il sera question d'agir, et d'ailleurs infiniment plus au fait.