‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 283 sur 547 · CONTRE JEAN-JACQUES ROUSSEAU · texte numérisé non relu

CONTRE JEAN-JACQUES ROUSSEAU

A LA MÉMS'

A Chanteloup, ce 17 juillet 1766.

Rien ne répond mieux à votre lettre que celle que j'écrivais à M. de Gontaut. Je vais donc tout bêtement vous la transcrire, et je vous dirai, ma chère enfant, tout comme je le liji disais, que je ne serais pas du tout étonnée qu'on me. prouvât que Rousseau n'est pas un honnête homme; et je parie bien, par parenthèse, que ma petite fille ne le serait pas plus que moi. Mais que je pourrais l'être davantage, si l'on me prouvait qu'un homme toujours subjugué par sa vanité, qui s'est fait singulier pour se rendre célèbre, qui s'est toujours refusé au doux plaisir de la reconnaissance, pour se soustraire à la plus légère obligation*; qui a prêché toutes les nations, leur criant : « Écoutez, je suis l'oracle de la vérité; mes manières bizarres ne sont que la marque de ma simplicité, dont la candeur de mon front est le symbole : je suis le fabricateur des vertus, l'essence de toute justice.... », et de là portant le trouble dans les sociétés, a fini par lever l'étendard de la révolte dans son propre pays, a soufflé le feu de la discorde «ntre ses concioyens*, les a armés les uns contre les autres en répandant les écrits séditieux dans le peuple*; je serais bien étonnée,

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