‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 30 sur 547 · iu sièe« de ^734. / 1. En · texte numérisé non relu

iu sièe« de ^734. / 1. En

par où ils y étaient entrés ; cela se passa à dix heures du matin; à cinq heu?es du soir, il envoya chez moi, et me fit dire qu'ils y étaient de nouveau ; on y envoya des délachemens pour les en chasser : ils sont comme des fourmis, el trouvent des endroits inconnus aux autres. Jugez ce que ce swait, Monsieur, dans des occasions où ils auraient le pillage pour but, et dans une piace mauvaise par ellemême. C'est, je vous assure, ce qui m'embarrasse le plus éans la conduite de cette affaire-ci.

Je prie Votre Excellence de me rendre la justice d'être persuadée de l'empressement que j'aurai toujours à la convaincre, dans toutes les occasions, de l'estime et de la considération très distinguée avec laquelle j'ai l'honneur d'être *, etc.

LE SOLDAT FRANÇAIS. A Frédéric II *.

Septembre 4746.

Sire,

J'ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fait la grâce de m'écrire le 18 août, et j'ai à vous demander pardon, Sire,

1. Le eomte d'Argenson, minisire de la guerre, i qui Maurice communiqua sa correspondance avec Kaunilz, lui répondit en ces termes :

« Je ne saurais me contenter d'approuver simplement de la part de S. M, le commerce de lettres dans lequel vous avez été avec M. de Kaunilz, et la réponse que vous lui ivez faite est si douce, si insinuante ■t si persuasiTe, que je ne puis me Kfuaer de vous marquer toule l'impression qu'elle m'a faite; c'est en vérité un chef-d'œuvre dans son {enre ; le roi en a iugé de même :

il a voulu qu'elle fût lue au Conseil, où elle a eu un applaudissement général, et M. le maréclial de Noaiiles exige de moi que je lui en <loime une copie. » Celte lettre adroite fit sou effet; toutes les velléités de résistance de la place tomhèrcat, et Kaunit7. se rendit aux condiliuii; que voulut lui imposer le maréchal.

2. Le maréchal de Saxe et Frédéric II s'étaient rencontrés on1728, 1730 et 1742. Le roi estimait beaucoup les talents du maréchal, qu'il accueillit très amicalement k Berlin •n 17iÛ.

LE MARECHAL DE SAXE. 5t

SI je n'ai pas répondu plus tôt à Votre Majesté. Mes occupations * ont été moins la cause de mon silence que l'incertitude des événemens, et mon amour-propre aurait été trop humilié, si j'avais -annoncé des je ne sais à Votre Majesté pour justifier ma conduite. Mais Namur est pris, et, quoique je me sois atTaibli de soixante-deux bataillons et d'autant d'escadrons, j'ai contenu M. le prince Charles*, qui est actuellement vis-à-vis de moi, à une portée de canon ; un petit ruisseau nous sépare *. Je ne crois cependant pas qu'il m'attaque, et je crois avoir beaucoup fait de l'avoir obligé de m'abandonner Namur et de se retirer par un pays où son armée a souffert considérablement, sans m'étre commis à un combat toujours douteux lorsque l'on n'a pas des troupes sur la discipline desquelles l'on peut compter.

Les Français* sont ce qu'ils étaient du temps de César, et tels qu'il les a dépeints, braves à l'excès, mais inconstans, fermes à se faire tous tuer dans un poste lorsque la première étourderie est passée, car ils s'échauffent dans les affaires de poste, si l'on peut les faire tenir quelques minutes seulement; mauvais manœuvriers en plaine. Tous ces défauts, Sire, vous ne les connaissez pas dans vos troupes, et voui sivez positivement ce que vous en pouvez attendre. Il faut donc avoir recours alors aux dispositions que l'on ne saurait faire avec trop de soin. Le simple soldat s'y connaît, et lorsqu'ils sont bien postés, l'on s'en aperçoit d'abord à l'HP gaieté et à leurs propos. Toutes ces choses sont fort Mijeltes à caution, et l'on ne peut s'en garantir que par les ivantages que l'on peut tirer des situations que le pays où I on se trouve peut fournir. Comme il ne m'est pas possible ile les former comme ils devraient être, j'en tire le paili

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