CHEZ VOLTAIRE
À Grimu*.
On n'a le temps de rien avec ce Voltaire; je n'ai que celui de fermer ma lettre, mon ami. J'ai passé une journée seule avec lui et sa nièce*, et il est en vérité là à me faire des contes, tandis que je lui ai demandé la permission d'écrire quatre lignes, afin que tu ne sois pas inquiet de ma santé, qui est bonne. Il m'a demandé permission de rester pour voir ce que disent mes deux grands yeux noirs quand j'écris; il est assis devant moi, il tisonne, il rit, il dit que je me moque de lui et que j'ai l'air de faire sa critique. Je lui réponds que j'écris tout ce qu'il dit, parce que cela vaut bien tout ce que je pense.... Je retourne ce soir à la ville, où je répondrai à tes lettres.... Il n'y a pas moyen de rien faire ici. Quel homme! Il m'impatiente, mais il me fait rire cependant.