CHARLES DE SECONDAT DE LA BRÈDB
4. i^boulayc a réuni dans son édition environ cent cinquante lettres de Montesquieu. C'est peu en comparaison de la vaste • orrespondance de Voltaire, et même de celles de Diderot et de ilousseau. Mais la considération du nombre est secondaire : les lettres de Vauvenargues, moins nombreuses encore, sont d'un intérêt inestimable. Celles de Montes»|uieu ne nous apprennent pas prand'cliose. Elles sont écrites airréablcment. « On y ti'ouve au plus haut degré, dit M. Laboulaye, la botme humeur et la g.iieté gasconne: rien de pédant, rien qui sente la jalousie littéraire ; un esprit facile, un cœur ouvert ; on reconnaît là l'homme qui se sentait heureux de vivre, et qui l'a dit si naïvement dans son portrait. » On y trouve aussi quelques traits de bel esprit, une certaine recherche du trait pi(|u.'int et du mot fin, aiguisé en épigramme. Kn somme, à part quehjues faits biof,'raphiques. rien au'on ne puisse cormaitre par les trois grandes œuvres de l'écrivain : rien surtout de ce qui, dans ces trois œuvres, révèle an homme supéi ieur. Les lettres de Montesquieu nous peignent son humeur, «t non son génie : encore cette humeur ne se faitelle nulle part mieux sentir que dans les mêmes paget où m manifeste le génie