‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 329 sur 547 · En »ûr«lé »mr9ii\ plus juste · texte numérisé non relu

En »ûr«lé »mr9ii\ plus juste

-i. [Déraut de correspondance dans les temps des verbes. — Galiani confond ici Vincommodtt^,ùl l'insécurité, deux choses bien différentes, et qui du reste n'ont pas toujours fait àbA'udoBné' Ut spectaclea

L'AlMil. i.A! lA.M.

l>()urquoi il faut dans tout poème dramatique, épique, etc., que la versification soit heureuse, le langage naturel, la diclion pure. Tout mauvais vers, obscur, entortillé, est un vent coulis dans une loge. 11 fait souflrir le spectateur, et alors le plaisir de la curiosité cesse tout à fait. Or donc Lucrèce n'a pas tort tout à fait*. Quoi qu'il n'y ait pas un vrai 1 litour sur soi-même, ni un développement de la sensation de notre bonheur, lorsque la curiosité commence en nous, il est très vrai que, par instinct, elle ne saurait s'exciter sans ce préalable. Ainsi la curiosité est une suite constante de l'oisiveté, de repos, de la sûreté; plus une nation est heureuse, plus elle est curieuse. (Voilà pourquoi Paris est la capitale de la curiosité; Lisbonne, Naples, Constanlinople en ont moins, ou presque point.) Un peuple curieux* est uh grand éloge pour son gouvernement.

Une autre réflexion qu'aurait dû faire Voltaire sur la curiosité, qui' est très intéressante, c'est qu'elle est une sensation particulière à l'homme*, unique en lui, qui ne lui est commune avec aucun aufre animal. Les animaux n'en ont même pas l'idée. Faites devant un troupeau de brebis tout ce que vous voudrez, si vous ne les touchez pas, vous ne les intéresserez jamais. Si les bêtes donnent quehjue signe qui vous paraisse de la curiosité, c'est l'épouvante qu'elles prennent, et rien autre. On peut épouvanter les bêtes, on ne saurait jamais les reiidre curieuses. Kl selon ce que je viens de dire, l'épouvante est le contpe-pied de la curiosité. vSi la curiosité est impossible aux b<Hes, l'homme

1. Voltaire, ayant cité les ver'; <l'' Lucrèce : suave mari magno, etc., continu.-iit ainsi : « Pardon, Lucrèce, je soupçonne (^uc vous vous trompez ici en moralf , comme vous fous trompez toujours en physique.

C'est, à mon avis, la curiosité seule qui fait courir sur le rivage pour voir un vaisseau que la teuipèle va lubmcrger. Cela m'tii arrivé: et je vous jure que mon plaisir, mêlé ë'inquiétadt tt d« oaU'i**, B'éuit

point du tout le fruit d'une réflexion; il ne venait point d'une comparaison secrète entre ma sécurité et le danf;er de ces infortunés; j'étais curieux et sensible. »

2 Tournure latine : !^ fait qu'un peuple est curieux est une grande chose.

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