‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 330 sur 547 · Qui, se rapporte i la réflexion · texte numérisé non relu

Qui, se rapporte i la réflexion

i. Voltaire disait : • La curiosité est naturelle à l'iiomuie, aux ^iit' fM tt aui petite chieu.

curieux est donc plus homme qu'un autre homme, et c'est vrai en effet. Newton était si curieux, qu'il cherchait les causes du mouvement de la lune, de la marée, etc. Le peuple le plus heureux a donc plus d'hommes qu'aucun autre peuple. Voilà le plus bel éloge qu'on eût jamais fait des badauds de Paris. Cette idée est profonde, et je n'ai pas le temps de vous la détailler. Assurément Voltaire n'a pas écrit plus rapidement que moi son article de la curiosité. Il l'a mieux écrit, car il écrit sa langue, mais si vous voulez vous donner la peine de développer ce que j'ai griffonné, vous y verrez un grand bout du cœur humain. L'homme animal curieux : l'homme susceptible de spectacles. Presque toutes les sciences ne sont que des curiosités, et la clef de toul est une base de sûreté et une situation sans souffrance dans l'animal curieux. Voilà pourquoi c'est M. de Chaulnes qui lait aller le cerf-volant*, et ce n'est pas M. de La Chalolais*, quoique la Chalolais soit plus savant que lui.

Voilà une petite dissertation que vous m'avez arrachée. Promettez à Mme Necker de la lui communiquer en troc de ma lettre. Je ne saurais imaginer que Suard, Marmontel, et d'autres ne puissent vous mettre en relation avec Mme Necker. Bonsoir; le temps me manque. Je vous embrasse.

P. S. Voltaire connaît bien peu les animaux. Il a parié des singes et des chiens comme un enfant. Le singe n'est point curieux : il cherche sa nourriture. Comme il n'a point d'odorat et très peu d'instinct, il est obligé de casser toul et de toucher à tout. Naturellement il ne se nourrit que de fruits et d'huîtres. 11 croit donc que tout est des cocos, des marrons, des huîtres, et il faut qu'avec les dents il écrase tout pour en vider le noyau. Les chiens n'ont point de

1. Le duc de Chaulnes faisait des expériences sur l'électricité au moyeu d un grand cerf-volant de teHetas vert dont la baguelle principale était de fer électrisé. — Dt'ux duc* ds Cbauldes, le pèr«

(17U-17f)9) et le fils (1741-1793) cullivèrenl les sciences avec succès.

Le premier fut de l'Académie de»

sciences. C'est du secoud que parlt Galiani.

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