‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 334 sur 547 · PRÉVISIONS POLITIQUES ET FATALISME · texte numérisé non relu

PRÉVISIONS POLITIQUES ET FATALISME

A LA MÊME

Aaplet« 8 juillet 1774.

fl y a des vies, ma belle dame, qui tiennent à la destinée dos empires. Annibal, lorsqu'il apprit la défaite et la mort d'Asdrubal, son frère, qui valait plus que lui*, ne pleura point, mais il dit : Agnosco fatum Carthayinis. « Je sais à présent quelle sera la destinée de Carthage^. » J'en dis de même sur la mort de M. de Mora'. Je sais à présent que l'Espagne doit restei* barbare. Tel est l'ordre des destinées. Ce que nous voyons à présent n'est qu'une fausse lueur de {lolissement*; mais l'Espagne ne sera pas la France. S'il était dans l'ordre éternel, qu'elle le devint, Mora ne serait pas mort; il serait même ressuscité, s'il l'eût fallu : telle est la force du destin. C'est peut-être cette même force qui empêchera que M. de Sartine succède à M. de Saint-Florentin", et que M. de Breteuil ait été dépassé par M. de Vergennes*. Vous fûtes, Frayiqaii^ — et ne vous y trompez pas. Vous verrez (attendons), avec quelle adresse, quel enchaînement admirable le destin (cet être qui en sait bien long) au meilleur roi possible, au mieux intentionné, esca»

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