‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 364 sur 547 · BILLETS FAMILIERS · texte numérisé non relu

BILLETS FAMILIERS

A Monsieur le liOioM de La Motte FocQuâ*.

l«'juin 1764.

J'irai sans façon chez vous, comme un ancien ami, en passant par Brandebourg. J'y serai le 4 à midi. Je n'amène avec moi qu'un seul ami', bien digne de votre amitié et de votre estime; ainsi nous ne serons que nous trois, si vous le trouvez bon. Il ne faut que peu de chose pour me nourrir; je ne vous demande qu'une bonne soupe et un plat d'épinards, bon visage d'hôte, et de vous trouver en bonne santé. Ce dernier article est de tous celui que je vous recommande le plus.

Adieu, mon cher ami; j'espère vous assurer alors de lonte mon estime.

1. Hicii ne fait |)lu8 d'honneur il l'iùdôric quu l'iideclucusc familiarité de cos billffls adressés à un incieii serviteur que ses blessures ■I les infirrnlt(^s contractées dans -es lampagties condamnaient nu r.'pos.

•2. Le baron de la Motte-Fonqué (tr>îlH-1774), né à la Haye d'une famille de réfugiés français, entra en 1715 au service de Prusse. Fré-

déric le lit colonel en 1710, lieutenant général en 1751, général de l'infanterie en 1759. Ce fut un excellent serviteur, tout diWoué à son maître, qui le paya d'uni sincère et tendre affection, .\yaiit quitté le service en 17(55, à la paix, il s'était retiré à Brandebourg.

b. Sans doute son neveu et son élève, le prince Ferdinand da Brunswick (1755-1808).

FRÉbÉRIC II. v.n

OféTTier 17G6

Jt' vous entoie, mon cher ami, iiiic petite provision de liuffes d'Italie qu'on m'a fait tenir par Vienne. Je souhaité qu'elles vous soient agréables, qu'elles vous ragoûtent et réveillent votre appétit.

J'attends ici tranquillement, dans mon tjrou, le retour du printemps; cette saison-ci n'est pas faite pour notre âge. Nous autres vieillards ne ressuscitons qu'au printemps et végétons en été; mais l'hiver n'est bon que pour cette jeunesse bouillante et impétueuse qui se rafraîchit ;i i courses de traîneaux et à se peloter de neige.

Adieu, mon cher ami; je fais des vœux pour votre conservation et pour tout ce qui peut répandre des «grémens sur votre vie.

ni

11 iio\embre 1707.

Mon cher ami, je vous envoie du t)aume de la Mecque arrivé incessamment de Constantinople, des raisins de ma vigne et quelques bouteilles de ce vieux rin du Hhin que vous aimez*. Je souhaite que cela vous soit agréable, et que ,?ous vous en régaliez. Vivez, mon cher ami, pour vos amis, surtout pour moi, qui suis le doyen de tous, et qui tous serai attaché jusqu'au trépas. Adieu.

1. D'autres fois c'étaient des por- 1 surloul à faire «les f»rds, selon P.

telaiiies de sa manur«cture, et tou- j Pomet, morcliand fpicier et dro-

jours avec Tjuelque mot cordi.nl. — ^'J'ste », aulpur d'une UUloirê

Le baume de la Mecque servait ' det drogue» {Viui^. m. l. \(i^).

i92 LETTRES DU DIX-IIUITIKME SIÈCLE.

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