LE POUVOIR ROYAL ET LES PRIVILÈGES DU PARLEMENT
Meso&vbs d'Egmont r m Utaa» au km m Soèm.
i*' septembre 1771.
. N. le Chancelier est coupable et imprudent de le*
."évoquer d'Aiguillon, dont oa eut grand peine i empêcher le Parlement de faire le procès.
' Kené de Caradeuc de LaCbtlo- 1701-1785), procureur général iii Parlement de Breta^e, avait contribué i l'expulsion dfi« Jésuites.
Exilé i Saintes au sortir de sa prison, il ne put rentrer à Renne»
^u'à l'aTénemeut do Louis IVl.
2. Ce frigment est tiré d'une sorte de Mémoire annexé à la lettre dont on vient de lire deux extraits.
Il fut rédigé par M" de Meemes, née Feydeau de Brou, bcll*-sœar du président de La moi gnon, sous l'inspiration et sous les feux de M"' d'Egmont. La comle.«e avait été très choquée de l'approbation donnée par Gustave Ul au coud
d!Éut Manpeou. « J'ai pensé, écritelle au roi, que vous o'avios pM pris la peine de peser las principes de M. le Chancelier, et que par conséquent voui n'aviei vu ni es qu'il détruit ni ce qu'il veut risblir. Dsos cette persuasion, j'ai prié M" de Mcsmes, qui rat ici depuis un mois, de rassembler les faiu principaux, pour que Votre Majesté pût voir sur fuoi se fonde ma façon de peaMT à eM égard.
JpUus trop souUrante poar iMuivnir fairfi ce travail moi-mi.-.V-. Klle .-iv:iit fait une chute de ctieval.) li.ul!.iir«i mon amie en e^l bn'n I I- i.i|>nble. Elle a écrit rc i>«"iit • 'ii\ia;:u auchfvel Je mou Ut pi>n< •l.iiit ma maladie. • 3. i.c droit de remoulranee et
ojb
LETTRES Do ûîl-flUlTlÉME SIÈCLE.
vouloir détruire.... On prétend que ce ne fut jamais un droit, et que la seule fonction du Parlement fut toujours de rendre la justice. Telle fut ï la vérité son origine ; mais nos rois se sont servis de ce Parlement pour appuyer et consacrer leur autorité aux yeux du peuple, en laissant dans l'ombre et l'oubli les états généraux*: le peuple s'accoutuma donc à le considérer comme son organe; et la puissance du souverain s'en accrut d'autant; devenue aujourd'hui sang bornes, elle voudrait briser même ce léger frein. Combien ne lui est-il pas utile cependant ! Combien d'hommes à qui ce simulacre de Uberté faisait croire qu'ils n'étaient pas soumis à une autorité arbitraire, qui, à la place d'un dévouement servile dicté par la crainte, avaient encore pour les rois celui du cœur, et dont les âmes, par cette raison, conservaient l'énergie et l'honneur, qu'on ne trouve plus chez un peuple résigné au despotisme ! Est-ce donc là ce qu'il faut détruire? La ruine du Parlement n'est pas faite pour augmenter la puissance du roi. Un roi dirait en vain : c Je suis le maître, ma volonté est la loi ». S'il n'était pas le maître en effet àe par les lois, cette prétention n'ajouterait rien à sa puissance. Un roi habile, en détruisant tout pouvoir qui peut mettre un obstacle au sien, se gardera bien d'avertir ses sujets qu'il les a rendus esclaves de sa seule volonté, car cette idée effrayante les fait discuter sur l'injustice d'une autorité si grande, et leur fait examiner sur quel droit on se l'attribue. M. le Chancelier, depuis six mois« a fait apprendre l'histoire de
J'enrcfristremcnt. - Dnns leur mfuiioirc, M™«» de Mesmes et rrEginonl romontaieiit aux premiers (cmps de la nionarcliie. Kllcs montraient qu'après les prnj;rès que le pouvoir royal avait laits depuis plusieurs siècles, deux freins seulement restaient pour l'arrêter sur la penic du despulisme : les droits de li! noblesse, déjà j)res{|ue anéantis en fait, et le droit d'enregistrement que poisédait le Parle-
ment. — René Nicolas de Maupeou (1714-1792) devint chancelier en 17ti8. Le Parlement fut exilé le 19 janvier 1771, ot le Grand Conseil érigé le 15 avril en Parlement nouveau.
1. Voilà que l'on commence à prononcer le nom des états f;énéraux.
La destruction des Parlements fait tourner toutes les espérances de ce côté-là, après plus d'un siècle ef demi (pTils senihient oubliés.
LA COMTESSE DE liOblIi.LUS. 5Ô7
France à des gens qui seraient peut-être morts sans l'avoir
sue^