‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 416 sur 547 · Sur De l'isle, cf. p · texte numérisé non relu

Sur De l'isle, cf. p

2. Il s'ngil sans doute de Jeanne Haclieile au siège do Beauvais par Uliarles le Téméraire en 1472.

3. Ou plutôt Jordan, cf. p. 471, n. 3. — Sur Algnrotli, cf. p. lîK), • n. i. Sur Maupertuis. cf. p. 127, n. 1. — Sur D'Argens, cf. p. 507.

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bavards leiT valent souvent cette réputation; car on n« pouvait certainement pas trouver un plus grand parleur r{ue le Roi; mais on était charmé qu'il le fût. Accoutumé à causer avec le marquis de Lucchesini seulement devant quatre ou cinq généraux qui ne savaient pas le Irançais, il se dédommageait aiLisi de ses heures de travail, de I«h lure, de méditation et de solitude.

Encore, me disais-je à moi-même, il faudra bien que j« dise un mot : il venait de nommer Virgile. — Quel grand poète. Sire ! mais quel mauvais jardinier I — A qui le diletvoiis? répondit le Roi : riai-je pas voulu planter^ tettieft labourer, piocher , les Géorgiques à la main? }/û»«, Monsieur, me disait mon homme, vous êtes une bête, et votre livre aussi : ce n^est pas ainsi qu'on travaille. Ah! mon Dieu, quel climat! croiriez-vou» que Dieu, ou le soleil me refuse tout? voyez mes pauvres orangers, met oliviers, me* citronniers; tout cela meurt de faim. — U n'y a donc que les lauriers qui poussent chez vous, Sire, à ce qu'il me semble? — Le Roi me fit une raine charmante; et, pour détourner la fadeur par une bêtise, j'ajoutai bien vite : Et puis, Sire, il y a trop de grenadiers dans ce pays-ci; cela mange tout. — Et le Roi se mit à rire, parce qu'il n'y a que les bêtises qui fat- »ent nre.

Un jour j'avais retourné une assiette pour voir de quelle porcelaine elle était. — D'où la croyez-vous? — Je la crois de Saxe, mais au heu de deux épées je n'en vois qu'une, qui les vaut bien. — Cest un sceptre, — J'en demande pardon i Votre Majesté, mais il ressemble si fort à une épée qu'on pourrait bien s'y méprendre. — Et, en vérité, cela était vrai de toutes les manières. On sait que c'est la marque de lia porcelaine de BerUn. Comme le Roi faisait quelquefois le roi, et comme il se croyait quelquefois bien magniûque lorsqu'il prenait une canne et une boite avec quelque! petits vilains diamans qui couraient l'un après l'autre, je ne sais trop si ma petite allégorie lui plut infiniment.

Nous revînmes aux an^xdolas cachées ou consignées

dans U'ès peu d'ouvrages. — Je me suis^ bien amusé, dis-je au Roi, de tout plein de livres, vrais ou faux, écrits par des réfugies et qu'on ne connaît peut-être pas en France. — Où avez-vous trouvé ces beJles choses-là? cela m'amuserait le soir, plus que la conversation d'un docteur de Sorbonne que fai ici, et que je tâche de convertir. — J'ai trouvé tout cela, lui dis-je, dans une bibliothèque de Bohème, qui m'a désennuyé pendant deux hivers. — Comment donc? deux hivers en Bohême ! que diable faisiez-vous /à? Y a-t-il longtemps? — Non, Sire, i! y a un ou deux ans : je m'étais retiré là pour lire à mon aise. — Il sourit, et eut l'air de me savoir bon livé de ce que je ne lui nommai pas cette petite guerre de 1778 S dont il me sembla qu'il n'aimait pas à parler : et, voyant bien que c'était pendant mes quartiers d'hiver (jue j'avais été en Bohème, il fut satisfait de ma retenue. Comme c'était un vieux sorcier qui devinait tout, et dont le tact était le plus fin qu'il y ait jamais eu, il s'aperçut que je ne voulais pas lui dire que je trouvais Berlin changé depuis que j'y avais été*. Je n'avais garde de lui rappeler que j'étais de ceux qui s'en étaient emparés en 1760, sous les ordres de M. de Lacy » : c'était pour lui avoir parlé ée l'autre prise de Berlin par le maréchal Iladdik* que le Kw. avait pris M. de Ried en guignoii.

A propos du docteur de Sorbonne avec qui il disputait tous les jours: Faites-moi avoir un évcché pour lui, me dit-il une (ois. — Je ne crois pas, lui répondis-je, que ma recommandation et celle de Votre Majesté puissent lui être utiles chez nous. — Ok! non, dit \oA\oï,f écrirai à l'Impératrice de Russie pour ce pauvre diable : car il commence à m'ennuyer. Il s'avise d'être janséniste. Mon Dieu, que lei

1. Pour la succession de Bavière. L'Rlecleur «Hait mort sans liiM-itior direct : .Iosc|iii II prétendit >'f'inparer du pays. Le roi de Prusse

y opposa. La France cl la Hnssic (utrcmirent et firent sii,Micr la paix de Tcschen.

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