LA VRAIE GLOIRE
A GltlMM.
A Saint-Pétersbourg, ce 7 décembre 1779.
.... Voulez- vous que je vous dise, sur cette paix de Tescben* que vous faites tant retentir et sur la gloire qui en est due aux pacificateurs selon vous, ce que je pense! De ma vie je n'ai attaché de la gloire aux faits les pluf prônés : chacun prône et ne prône pas, selon ses intérêts. Ce n'est pas cela : la gloire qui me plaît est celle que souvent on prône le moins; c'est celle qui produira non seulement le bien présent, mais qui produira des races futures, des races d'hommes et des races de bien sans nombre; c'est celle que les érudils même chercheront la lanterne à la main et se cogneront le nez dessus sans y rien com prendre, s'ils manquent du génie propre au développement; ah. Monsieur! un l>oisseau de gloire pareille ^'^aca
1. a Or écuulcz donc, écrivail- !'! uti aulro jour, s'il y a «le la )ice,de la profoiitlcur, «le la grâce ihius mes icllros ou expressions, sachez que je dois tout cela à Voltaire, car pondant forl longtemps nous lisions, relision.s el cludiiuns tout ce (jui sortait de sa plume, el j'ose dire que par lui j'ai acquis un lad si lin, quo je ne mo suis jamais trompée sur ce qui était de
lui ou n'en était pa«. • aciiela lc5 papiers 6l la liibiioihc* que de Voitain% qui sont encore aujourd'hui à Saiiit-Pélersl'ourg, avec ceux de Uiderot.
2. La paix Je Teschen. qui régla la succession do Bavière et prévint uno guerre européenne, fui conclue par la médiation de la France cl de la Russie entre Frédéric II et Jos.-pli II.
à mes yeux les petites glorioles dont on voudrait me parler. Ma bada^ : travaillons en silence, faisons le bien pour faire le bien, et laissons batifoler tout le reste.