CHARLES COLLÉ
Fils d'un procureur au Châtelet il fut d abord clerc de notaire. Sa gaieté, son talent à composer des chansons, des parades ordurières et son adroite bonhomie lui valurent la place de lecteur et secrétaire du duc d'Orléans, avec de gros appointements. Bien différent de ses amis Piron, Gallet et Panard, il eut l'art de faire sa cour aux grands, il sut s'attirer leurs bienfaits et les administrer avec une sage économie. Ses contemporains l'ont cru sans fiel : son Journal hittorique, publié après sa mort est tout plein d'amertume et de malignité. Mais ses Lettrée noui donnent une impression toute différente et très voisine de l'idée que ses amis avaient de lui. C'est un Collé spirituel, sans doute, et malin, donnant volontiers un coup de griffe au prochain, exécutant Voltaire et Rousseau, mais sans ombre de haine, d'envie ou d'animosilé personnelle, tout plein de sentiments honnêtes et généreux, sensible et sensé, fin moraliste, et juge excellent des œuvres littéraires. Il y a surtout une chaleur de sentiment tout à
1. Ln futur est. incorrect. F>ps r;trn!i;;er5 s'y trompent sou>f!iit.
Fresque toutes les laiif^ucs exigent ou admettent le futur, apn-s ai.
'i: voiiiii.!, r;is--<-.
3. Corrcs/Hmctoiicr niviilc de Collr, (tiiitliée par H. Bouliomuic, Ploii, KStU, in -8.
CHAULES CCI ' 581
fait rare en ce temps-là, dans toutes cis kui <•> i]ii ù adresse à un jeiMie parent, pour lequel il s'est pris d'une affection (|uasi paternelle, et dont il s'applique à faire tin parfait honn*-''^ '■■■'■[?•'.