‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 446 sur 547 · I. — LES MÉMOIRES DE BEAUMARCHAIS · texte numérisé non relu

I. — LES MÉMOIRES DE BEAUMARCHAIS

A Monsieur de V'"*.

le suis bien sensible, mon ami, à la conliance qtie vous ;i\(/, en moi; elle part plus de voire amilic que du piui (|ue je vaux, et c'est là précisément ce qui m'en louche davantage. Depuis que vous travaillez, l'estime et l'amitié de ma f Miime augmentent aussi pour vous. Je ne me refuserai point à bavarder litlérature avec vous. Je vous dirai comme je pense, mais ce que je pense ne sera pas sans doute toujours coiTime on doit penser. J'ai une imagination qui me lait ([uelquefois illusion et qui m'a souvent empêché de voir un objet sous toutes ses faces *. Quand l'une d'elles m'a saisi vivement, je suis sujet à me tromper» comme il arrive à tous les gens d'imagination. Il ne faudra pas vous en rapporter aveuglément à moi, et même à personne. Il faut juger soi-même. Nulliun. adrlictus jurnrr •" y-'i^i magislri^.

Vous me deiuandez, par exemple, mon cImm rmiiii. «e que je pense de l'éloquence de Beaumarchais*. Je répons à cela qu'enlrainée par la cause publique qu'il a défendue, en maniant en maître le Parlement des roués, mou admiralion pour lui a peut-être élé trop loin.

(Jiioi qu'il en soit, j'ai trouvé son éloquence une éloquence do choses et non une éloquence de moût comme celle de Thomas*.

1. Ce M. de V. était un jeune litinme, parent di; Collé, qui avait un emploi dnns les termes. Il deviiil eu 1780 conlioleur général à Il résidence de Rouuie.

^. De là ses partis pris contre Rousseau, contre Voltaire, etc.

3. Horace, Ep. 1, 1. « Se m'av trei;,'nanl à jurer sur ïe% parolc« d'aucun maître. •

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